Ingram, op. cit., p
3. Lettre de John P. Poe (19 juin 1883). Woodberry, op. cit., p. 7.
4. Eugène Didiers Life and xtoems of E. Poe, 1877, p. 23 et 24.
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On a supposé qu'une passion plus forte que celle du théâtre attirait le jeune homme dans cette troupe d'acteurs. Rien de précis ne le prouve. Tout ce que l'on sait avec certitude, c'est qu'après des débuts assez médiocres au théâtre de Charleston le 1" décembre 1803, le jeune acteur ne cessa plus guère de jouer durant toute la saison et que, devenu membre régulier de cette troupe ambulante, il n'épousa que deux ans plus tard, en 1805, l'une des actrices, Mrs Hopkins, devenue veuve de l'un des premiers acteurs 1.
Qu'était cette actrice qui devait devenir la mère d'Edgar Poe? Née en Angleterre, elle était elle-même la fdle d'une actrice anglaise, Mrs Arnold, qui, venue en 1796 du théâtre de Covent- Garden à Londres, eut en Amérique son heure de célébrité, si l'on ne se méfie pas trop du style pompeux de certains journaux contemporains. « Jamais le théâtre (de Fédéral Street, à Boston) ne retentit dételles ovations qu'à l'occasion de son début vendredi soir. Pas un cœur qui ne fût ému de ses charmes, pas une langue qui ne vibrât de ses louanges, pas une main qui ne s'agitât pour applaudir ^. » Le talent, comme la voix, de Mrs Arnold semble, du reste, s'être aussi bien prêté à l'opéra qu'à l'opérette et aux chansons populaires. Quoi qu'il en soit, en l'année même de ses débuts en Amérique, elle épousa un obscur pianiste du nom de Tubbs et, avec son concours, ouvrit à Portland, en Maine, un petit théâtre, peut-être une simple salle, où se joignaient à sa fille Klizabeth, encore toute jeune, quelques amateurs de la ville. L'entreprise dut avoir bien peu de succès, puisque, dès le printemps suivant (1797), nous trouvons notre couple inscrit dans une troupe du Sud qui joua deux hivers de suite à Charleston.
1. Pour étudier la carrière théâtrale des parents de Poe, nous avons eu recours aux minutieuses recherches de Mr Woodberry qui a pu consulter les diverses publications périodiques de l'époque : The Polyanthos, the Emerald, Ihe Thealrical censor, the Rambler s Magazine et the New Englander {Cf. Woodberry's Edgar A. Poe, p. 3-13). Les seuls livres abordables en Europe ne contiennent guère d'autre appréciation que celle-ci : « The lady was young and pretty, and evinced talent, both as singer and actress ; the gentleman was literally nothing. » (Ireland : Records of the Nerv-York Stage, New-York, 186fi, vol. I, p. 42.)