‹ Edgar Poe, sa vie et son uvreChapitre 142 sur 429 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

Les cerisiers étaient en fleurs, nous dit Mrs Whitman \ et l'herbe avait repris sa plus fraîche verdure quand, au cours du printemps de 1846, le poète emmena sa pâle Virginie dans la retraite champêtre où elle devait mourir. Ce fut par une tendre sollicitude pour elle autant que pour recouvrer cette paix qu'avaient si fatalement compromise les irritations et les anxiétés, de sa vie à New-York, que Poe quitta Amity Street et s'en fut se fixer, à quinze milles de la ville, dans le petit Alliage hollandais de Fordham (Westchester County) où il devait passer les trois dernières années de sa vie.

La demeure ^ qu'il avait choisie était, comme celle de Spring Garden à Philadelphie, une pauvre petite maisonnette de bois, vraie chaumière de poupée, à peine assez grande pour ses trois hôtes et n'ayant d'autre charme que la beauté du site. Grossièrement faite de planches qui n'étaient pas même assemblées, mais hâtivement clouées, de manière à se recouvrir en partie Tune l'autre, elle semblait dater des premiers jours de la colonisation américaine. Le long de la façade s'étendait une de ces larges vérandas primitives, comme se plaisent à en décrire Irving et Longfellow chez leurs vieux colons hollandais ou français. Au rez-de-chaussée une petite cuisine et une grande pièce qui semblait vaste avec-

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