‹ Edgar Poe, sa vie et son uvreChapitre 147 sur 429 · Graham's Magazine, mars · texte numérisé non relu

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2. Il faut avouer qu'il avait pris en haine, sinon toute démocratie, du moins celle de son pays, ainsi qu'on peut le voir dans Marginalia et surtout dans Mellon ta tan ta.

3. Griswold, XXXIX. Ajoutons, il est vrai, pour l'excuse de Poe cette citation du Dr Ghivers : « Il n'y avait pas de jour où il ne reçût par la poste des lettres anonymes dans lesquelles de lâches canailles l'exaspéraient au point qu'il finit par voir dans l'humanité entière une puissance diabolique destinée à le tourmenter... 11 n'avait point assez de force d'âme pour traiter ces lâches attaques avec un parfait mépris, mais il reportait sur le monde entier la haine méritée par un petit nombre. » [Cenlury, janvier 1903.)

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devenir plus tard, en même temps ([u'mi publiciste bien connu, le biographe de Poe, R. II. Stoddard, hii ayant un jour adressé pour le Broadway Journal une Ode sur une flûte grecque, n'obtint pas de réponse. Il alla voir Poe chez lui, fut fort aimablement reçu et partit, ravi de la promesse que son ode serait publiée la semaine[suivante. « Je fus frappé, dit le narrateur, de ses manières poétiques et de l'élégance de sa personne. » 11 fallut bientôt en rabattre : l'ode ne parut point, par suite de doutes peu généreusement émis sur son authenticité. Le jeune homme va donc voir Poe dans ses bureaux. Il le trouve assis, tout endormi, sur une chaise ; on l'éveille. Il était d'humeur morose. « 11 me dément de suite, dit le narrateur, déclare que je n'avais jamais écrit cette ode et me menace d'une bonne correction si je ne prends la porte au plus tôt^ » Une autre fois, c'était aux jours du Corbeau ; l'éditeur du Journal of Commerce, Will. Prince, qui s'était permis dans ce journal une remarque sur l'ombre projetée par l'oiseau, va « trouver Poe, qui avait alors un obscur bureau dans Ann Street. Jamais de ma vie, dit-il, je n'ai entendu pareilles imprécations. C'était tout bonnement effrayant. Jamais pareille profanation de langage ne s'est fait entendre hors d'un cabanon'^ )>. Mais de toutes les descriptions, la plus caractéristique est peut-être celle-ci : j

« Il entrait souvent chez moi le soir, dit un témoin de New- York, en marmottant des paroles sans faire attention à personne et il allait s'installer, tout replié sur lui-même, sur un sofa dans le coin de la pièce, continuant ses murmures incohérents. Il se levait parfois et quittait la maison sans me dire un mot; ou bien, après être ainsi resté assis une heure ou deux, changeant d'humeur, il se mettait à causer une autre heure ou deux aussi paisiblement que possible, puis il prenait congé en homme bien élevé qui ne connaît pas d'humeurs fantasques'. »

En présence de cette énigmatiquc incohérence, n'est-ce pas le

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