‹ Edgar Poe, sa vie et son uvreChapitre 155 sur 429 · Ingram · texte numérisé non relu

Ingram

240 KDC.AR A. POE

revues, de ses grandes espérances de succès triomphal, « sacliant, dit-elle, qu'il ne vivrait pas longtemps et que le mal avait profondément atteint son organisme... je lui déclarai en toute candeur que rien ne pourrait le sauver dune mort certaine, si ce n'est une vie prudente et calme avec une femme assez aimante et assez forte pour diriger ses affaires^ ». Si par cette femme Mrs Shew n'entendait j)as Mrs Clemm, il y avait bien plus d'imprudence en sa thérapeutique que de clairvoyance en son j)ronostic. Le cas de Poe était, en effet, désespéré, et un second mariage ne pouvait que faire une victime de plus. Ce fâcheux conseil était malheureusement tombé en un terrain trop propice pour ne pas bientôt porter des fruits dangereux. La sentimentalité platonique de Poe qui, apparente dès sa prime jeunesse, avait pu, sa vie durant, se satisfaire plus ou moins pleinement dans la réelle présence de sa chère Virginie, ne pouvait manquer maintenant, faute daliments ot sous la double action de la solitude et du malheur, de s'exalter jusqu'aux crises suprêmes de la folie erotique -.. Aussi naurons-nous plus guère désormais qu'un seul spectacle dans la vie de Poe, celui dun pauvre être désemparé qui, indifférent à toute considération humaine ou sociale, sattache comme un naufragé avec l'énergie du désespoir, à toute femme assez

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