‹ Edgar Poe, sa vie et son uvreChapitre 160 sur 429 · Ingram · texte numérisé non relu

Ingram

vie. Une édition de 50.000 exemplaires pouvait suffire pour débuter ; mais ce ne serait qu'un mince début. Aucun autre événement scientifique dans riiistoire du monde ne pouvait égaler en importance la valeur originale de son livre. Tout cela et bien autre chose encore, non pas avec ironie ni en manière de plaisanterie, mais avec une intensité sérieuse; car il me tenait de son œil comme le Vieux Marin. Je fus réellement impressionné, sans pourtant me laisser entraîner. Je lui promis ma décision pour le lundi (il était déjà tard dans la journée du samedi) et le poète dut rester tout ce temps dans l'incertitude sur le tirage de son édition... Nous la risquâmes, à la vérité, non pas à 50.000 exemplaires, mais à 500 K »

Dès le début de l'été parut, en effet, en un élégant volume de 144 pages, Eurêka, j)oème en prose, par Edgar A. Poe, dédié à Alexandre de Humbolt. Digne du titre, la préface a sa valeur biographique, car elle exprime nettement l'état mental de l'homme :

« Auxquelques-unsqui m'aiment et que j'aime, — à ceuxqui sentent plutôt qu'à ceux qui pensent, — aux rêveurs et à ceux qui mettent leur foi dans les rêves comme étant les seules réalités, — j'offre ce Livre de Vérités, non pas en tant que Révélateur de la Vérité que pour la Beauté qui abonde en cette Vérité, et qui la rend vraie. A ceux-là je présente cette composition uniquement comme un Produit de l'Art, disons comme un lioman (romance), ou si ce n'est pas une prétention trop haute, comme un Poème.

Ce que j'avance ici est vrai ; donc cela ne peut périr, ou, si cela se trouve maintenant, par quelque moyen, écrasé jusqu'à périr, cela (( ressuscitera dans la Vie Eternelle. »

Néanmoins, c'est seulement en tant que Poème que je veux que cette œuvre soit jugée après ma mort, »

Un critique, n'ayant pas pris au sérieux une oeuvre si solennelle, Poe s'empressa de répliquer qu'il ne saurait « répondre à la légèreté par la légèreté, au sarcasme par le sarcasme, » et il ajouta avec le plus grand sérieux du monde. « Le terrain couvert par le grand astronome français Laplace n'est, comparé avec celui que couvre ma théorie, que comme une bulle d'eau sur le vaste océan où elle flotte* ».

La santé physique et la santé mentale du poète se trouvent avec j)lus de précision encore décrites dans le récit suivant

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