‹ Edgar Poe, sa vie et son uvreChapitre 173 sur 429 · Poe à « Annie », IG nov. 1848; Ingram · texte numérisé non relu

Poe à « Annie », IG nov. 1848; Ingram

affreusement, désespérément ma/ade de corps et d'esprit, que je sens que je ne pe^fa; plus vivre!... Ne vous serait-il pas possible de venir, ne serait-ce qu'une petite semaine, jusqu'à ce que je calme mon affreuse agitation qui, prolongée, détruira ma vie ou me rendra désespérément fou^.

« Adieu, — ici-bas et au-delà, — je suis à jamais à vous. »

Eddy.

il faut croire que cette lettre ne parut pas seulement à des lecteurs indifférents d'un tour inquiétant, car Annie n'y répondit point. Au bout de huit jours, n'y tenant plus, Poe adressait à la gœur d'Annie un message encore plus pressant :

« Chère Sarah, ma chère sœur Sarah, s'il y a quelque pitié en votre cçeur, répliquez de suite à cette lettre, et dites-moi pourquoi Annie ne m'écrit pas... Si je n'aimais pas votre sœur de l'amour le plus pur et le moins exigeant, je n'oserais pas me confier à vous ; — mais vous savez bien avec quelle sincérité et quelle pureté je l'aime, et vous me pardonnerez... Son silence remplit toute mon âme de terreur... Qu'elle m'écrive une seule fois, de plus et je supporterai tout... Vous auriez pitié de moi, si vous connaissiez l'angoisse de mon cœur*. Ne manquez pas de me répondre de suite. Dieu vous bénisse, ma douce sœur. »

EOfrAR.

Poe alla plus loin encore ; le 23 janvier, après sa rupture avec Mrs Whitman, dont il parle maintenant comme d'un soulagement, comme d une séparation qu'il avait recherchée, Poe, en son affolement, va jusqu'à adresser à « Annie » sa propre lettre d'adieu à Mrs WhiLman en la priant de la mettre à la poste de Boston : la confiance à l'égard d'une femme peut-elle pousser plus loin l'indélicatesse à regard d'une autre ? Enfin, il s'emporte contre la bande venimeuse et sans cœur des femmes de lettres, se plaint des mauvais bruits qui se répandaient à Lowell, met « sa fidèle amie » au courant de ses projets littéraires, de ses espérances et de ses déboires, de ses émotions contradictoires et de son état d'âme,

\ . Mrs Glemm écrivit en effet, mais tout autrement : « J'ai lu sa lettre, et lui ai dit que c'était très égoïste de sa part : car Je sais, ma chère enfant, que ce serait très incommode... Je vous en prie, écrivez-lui souvent ; il a passé toule la nuit à délirer à propos de vous. » (Ingram, 394.)

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