‹ Edgar Poe, sa vie et son uvreChapitre 192 sur 429 · EPILOGUE · texte numérisé non relu

EPILOGUE

taux, haï des uns, méprisé des autres, repoussé de tous les gens comme il faut. » « Le plus profond abîme de Fimbécillité morale, ajoute-t-elle, n'avait encore jamais été atteint avant que Poe ne parût pour servir d'avertissement aux temps à venir; car il réussit à combiner en sa seule personne tous les vices que le génie s'était jusqu'alors montré capable d'atteindre en ses plus excentriques orbites ^ » VEcclectic Magazine, non content d'appeler Poe « le scandale-monstre du monde littéraire », le traite de « Caïn » et déclare que le châtiment « de Gain n'aurait pas été trop dur pour lui- ». Enfin, le dévot auteur d'un article du Critic que reproduit le Living Age, se trouve pris d'un véritable accès de frénésie coprolalique : voyant en l'infortuné poète « le plus indigne et le plus dépravé des êtres », il le traite de brute, de yahoo américain, de pourceau de génie, de possédé qu'agitent les trois esprits de la fausseté, de la furie et de l'immoralité, de diable déUrant qui court et hurle dans les ténèbres, de monstrueux bâtard du démon et du génie, et termine sa pieuse litanie par cette exclamation si peu pharisaïque : « Pourquoi, ô Seigneur, as-tu fait cet homme en vain"^? »

Aussi, après tant de sermons si peu charitables, est-ce avec un véritable soulagement que nous voyons ce mécréant de Baudelaire adresser en faveur de son pauvre frère d'Amérique' d'élo-

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