‹ Edgar Poe, sa vie et son uvreChapitre 212 sur 429 · Works, X · texte numérisé non relu

Works, X

splendidos palais de marbre, aériens en leur svelles colonnades, dont les baies sont faites d'un seul diamant, les dômes de céleste lumière tissée et les pavements détoiles fondues. Là, rien de terrestre, rien des vils rebuts de notre monde; rien, si ce n'est le rayonnement de beauté que reflète une rare flore mystérieuse, rien si ce n'est un mélodieux frisson de vie doux comme celui de ruisseaux dans les bois, rien si ce n'est cette harmonieuse mélancolie dont le persistant écho chante au fond des conques marines. Là l'ouïe suraiguë du contemplateur extasié perçoit, outre l'éloquente musique des sphères, jusqu'au bruit du crépuscule naissant, jusqu'au murmure des herbes qui poussent. La douce folie de ces « exquises absurdités » est si caractéristique qu'elles méritent d'être citées.

« Elle (Ncsace) se tut, et ensevelit alors sa joue brûlante, toute intimidée, parmi les lys pour y chercher un abri contre l'ardeur de Son œil : car les étoiles tremblaient en présence de la Divinité. Elle ne bougea point, ne respira point, car il y avait là une voix qui solennellement se répandait à travers les airs apaisés, cette rumeur de silence qui fait tressaillir Toreille et que les poètes rêveurs appellent : musique de la sphère. Notre monde n'est qu'un monde de mots; nous appelons le calme Silence, ce qui n'est que le plus vide des mots. Toute la Nature parle, et même les choses idéales laissent tomber des sons fantômes du battement de leurs ailes imaginaires ^ »

« Le bruit aime à prendre ses ébats en une nuit d'été. Songez au murmure du gris crépuscule qui jadis, en Eyraco -, se glissait dans l'oreille de maint contemplateur détoiles exalté, qui se glisse encore dans l'oreille de celui qui, rêveur, contemple l'horizon obscur et voit les ténèbres venir comme une nuée. Cette forme, cette voix ne sont-elles pas palpables et sonores ^^ ^? »

« Le bruit de la pluie qui d'un bond sabat sur la fleur et y danse au rythme de l'ondée, et le murmure qui s'élève de l'herbe croissante sont la musique des choses', y

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