‹ Edgar Poe, sa vie et son uvreChapitre 221 sur 429 · Cf. la Vie, ch. ir. p · texte numérisé non relu

Cf. la Vie, ch. ir. p

-. Philosopha of Composilion ; Works. VI, 31), 39.

la synthèse des deux idées prédominantes de Poe, Mort et Beauté, s'était, bien plus tôt dès sa jeunesse, plus ou moins inconsciemment accomplie en son esprit. Dès i829, Poe disait, en effet, de son paradis d'Al Aaraaf : « Le chagrin n'est pas exclu d'Al Aaraaf, mais c'est ce chagrin que les vivants se plaisent à entretenir à l'égard des morts et qui, en quelques esprits, ressemble au délire de l'opium^ », voilà bien un étrange chagrin ou plutôt une étrange volupté dont le caractère morbide ne semble pas, du reste, exempt de quelque excitation artificielle. Or le volume de 1831 est une indéniable manifestation de cette union intime des deux sentiments apparemment si contradictoires : Poe ne se contente pas de déclarer en son propre nom : «: Je ne pouvais plus aimer que là oii la Mort mêlait son souffle à celui de la Beauté ^ )) ; il consacre, dès cette époque, à cette nouvelle inspiration deux poèmes qui méritent, en dépit de leurs imperfections, toute notre attention ^.

La bien-aimée n'est plus, dit le jPeVm. Heureuse trépassée, «tues morte dans le juin de ta vie; mais tu n'es pas morte trop belle, tu n'es pas morte trop tôt, ni d'un air trop calme. » Ne pleurons donc point comme les faux amis; « ne déshonorons pas la beauté morte par des larmes ». Non, point de rite funèbre, point de chant solennel, point de requiem pour une jeune victime si charmante! « Je suis épris d'amour pour la morte qui fut ma fiancéCc . . Ainsi, sur son cercueil, je frappe de longs coups retentissants dont le murmure, traversant les grises demeures, servira d'accompagnement à mon chant... Aussi à toi, cette nuit, je n'adresserai pas de requiem, mais j'aiderai ton vol du souffle d'un antique péan K » Tel est pour notre mystique amant le puissant attrait de la Mort qu'à la Beauté elle ajoute un charme de plus :

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