‹ Edgar Poe, sa vie et son uvreChapitre 233 sur 429 · Ma/vyinaZ/rt; AVorks, VU · texte numérisé non relu

Ma/vyinaZ/rt; AVorks, VU

« Pour satisfaire celte aspiration vers la beauté supérieure à laquelle ne suffisent pas les combinaisons actuelles des formes terrestres, il faut recourir à de nouvelles combinaisons de ces formes de la beauté qui existent déjà, à de nouvelles combinaisons de ces combinaisons mêmes que nos prédécesseurs, se livrant à cette laborieuse poursuite du même fantôme, ont déjà réalisées. C'est ainsi que nous concevons nettement la nouveauté ; l'originalité, l'invention, l'imagination, ou enfin la création de la Beauté (car les termes ici employés sont synonymes) comme l'essence de toute poésie ^ »

Cette œuvre est donc à la fois mystique et artistique. Elle est mystique en ce quelle ne se sert de toutes ces combinaisons que pour suggérer lau-delà, en ce quelle ne spiritualise toutes ces données plus ou moins matérielles que pour faire entrevoir en leur transparence l'idéal. Ailleurs, « le courant superficiel, dit Poe, est souvent extrêmement brillant et magnifique ; mais on sent que ce courant superficiel est tout. Aucune voix de naïade ne vient des profondeurs sadresser aux bommes. Les notes de la mélodie en ce cbant ne tremblent pas avec les accords qui l'accompagnent-. » Ici, au contraire, « avec chaque note de la lyre, on croit entendre un mystérieux écho qui, sans être toujours distinct, n'en a pas moins une solennité qui transporte l àme. En chaque lueur de beauté, nous apercevons en de longues perspectives merveilleuses, de vagues visions dune beauté bien plus éthérée qui nous égarent par delà )). Et cette œuvre mystique devient artistique par sa délicatesse même, car « la délicatesse est le propre du poète » ; c'est par elle que s'accomplit « la légitime et nécessaire réconciliation du plus haut génie avec la plus profonde habileté artistique » . « Ma confiance dans le pouvoir des mots est si absolue, dit Poe à propos de ces extases, que jai parfois cru possible d'exprimer en leur fugitive fragilité de pareilles fantaisies^. )) N'y a-t-il pas en effet, en leurs sonorités atténuées, de la musique ? et la musique n'cst-elle pas « le commun héritage de la Terre et des Cieux * )).

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