Lonf/f'ellow'x balLada ; Works, VI, l:2o
« La musique, déclare-t-il à l'encontre de son maître Coleridge, en ses modes divers du mètre, du rythme et de la rime, est d'une importance si considérable en poésie qu'on ne saurait jamais la rejeter impunément... C'est dans la musique que l'âme atteint le plus intimement la grande fin pour laquelle, sous l'inspiration du sentiment poétique, elle lutte : la création de la Beauté supérieure. Il se peut,, en effet, que cette fin sublime se trouve ici réellement atteinte de temps à autre. Il nous est souvent donné de ressentir avec une joie frémissante qu'il s'échappe d'une harpe terrestre des notes qui ne peuvent avoir été étrangères aux anges. Aussi, ne peutil y avoir que peu de doute que, dans l'union de la poésie et de la musique au sens ordinaire du mot, nous trouverons le plus vaste champ pour le développement poétique. Les vieux Bardes et Minnesingers avaient des avantages que nous ne possédons point, et Th. Moore chantant ses propres chants, ne faisait de la manière la plus légitime que les perfectionner en tant que poèmes ^ »
C'est ainsi que, par un long détour, Poe revient à l'union primitive de ses deux arts suprêmes, la musique n'étant pas seulement la sœur, mais encore l'alliée, la collaboratrice de la poésie. « L'impuissance du rythme, dit-il non sans justesse, c'est l'impuissance de l'expression poétique, et l'expression en poésie, que n'est-ce pas?- » C'est peu, en effet, que de rédiger en noir sur blanc le sens de vos pensées ; lisez des yeux les mots : ce langage est muet ; lisez à haute voix et, sortant de la page, la musique des notes chante avec votre voix comme l'accompagnement évocateur des extatiques pensées.
Après tant d'explications, il faut l'avouer, assez subtiles et parfois confuses, il ne reste plus à Poe qu'à se résumer, et il le fait :
« Le plaisir qui est à la fois le plus pur, le plus élevant et le plus intense dérive de la contemplation du Beau. C'est dans la seule contemplation de la Beauté que nous trouvons possible d'atteindre cette surexcitation agréable, cette élévation de l'âme que nous reconnaissons comme le sentiment poétique et qui se distingue si facilement de la Vérité qui est la satisfaction de la Raison, ou de la , Passion qui est l'excitation du cœur. Je fais donc de la Beauté, comprenant en ce mot le Sublime, le domaine de la Poésie ^.. Bref, je