Silence; Works, X
2. Baudelaire parle, lui aussi, du silence de réternité {Rêve parisien, p. 230).
3. « Je souscris à ses noms d'Isola dOro, de Fier di Levante. Ce nom de (leur me rappelle que l'hyacinthe était originaire de l'Ile de Zante, et que cette lie reçut son nom de la plante qu'elle avait portée. » (Chateaubriand, Itinéraire de Paris à Jérusalem.)
applique à l'une des îles Adriatiques, notre sombre rêveur ne sait tirer que le lugubre sonnet qui suit :
Belle île, qui, de la plus belle. de toutes les fleurs,
l*rends le plus gracieux de tous les noms gracieux,
Que de souvenirs et de quelles heures radieuses
A ta vue et à la vue de tes fleurs s'éveillent soudain !
Quelles scènes, et de quelle félicité disparue,
Que de pensées^ et de quelles espérances ensevelies.
Que de visions d'une vierge qui n'est plus.
Qui n'est plus sur tes coteaux verdoyants !
Plus ! hélas ! ce triste son magique
Qui translorme tout! Tes charmes ne plairont plus ;
Ton souvenir, non plus. Sol maudit!
Voilà ce que m'est désormais ton rivage émaillé de fleurs !
G île aux hyacinthes ! 0 Zante de pourpre !
Isola d'or-o ! Fior di Levante ^ !
Voilà bien l'œuvre flétrissante de la mélancolie : au soleil elle enlève ses rayons, à la terre ses joies, à làmetout espoir; elle fait du cours désenchanté de la vie un marais tout figé parla glaciale horreur des temps à venir. Cette claire vision de l'île ensoleillée émergeant des flots bleus persistera dans la mémoire assombrie de Poe, mais pour y devenir le désespérant symbole de la beauté et de la félicité à jamais inaccessibles-.
Gomment s'étonner que, hanté par l'obsession de ces sinistres visions, harcelé par la voix décourageante des regrets, Poe, que nous savons d'autre part traqué par toutes les misères de la vie et déséquilibré par toutes les violences de l'impulsion, ait fini par sentir tout ce qu'il y a de tentation consolatrice dans le sentiment catholique de la religion? Aux âmes trop douloureusement éprouvées, qui se croient, par suite de leur impuissance, irrémédiablement damnées, il ne reste plus, comme le dit un jour Barbey d'Aurevilly à Baudelaire \ que la conversion, que l'ultime espoir en