The Conqueror Wovm : Wc rks, X
voilà des images d'une éloquence suggestive. El tout cela, tant d'efforts et tant d'apprêts, tant de luttes et tant de souffrances, pour aboutir à quoi Pau triomphe révoltant du petit monstre cruel, hideux, dégoûtant. N'y a-t-il donc vraiment dans la vie que Péché, Horreur et Folie?
Il y a l'amour, ce faux frère de l'extase, qui donne parfois l'illusion du Ciel ici-bas.
Bien-aimée ! parmi les âpres douleurs
Oui se pressent sur mon sentier ici-bas,
(Morne sentier, hélas! où ne croît pas
Mémo une rose solitaire),
Mon âme trouve du moins quelque consolation
En des rêves de toi et y découvre
Un Eden de doux repos.
Ainsi ta mémoire est pour moi
Semblable à quelque lointaine île enchantée
En quelque mer tumultueuse,
Ouelque océan qu'au loin soulèvent librement
Les tempêtes, mais où pourtant
Les cieux les plus sereins ne cessent,
Au-dessus de cette seule île brillante, de sourire ^
C'est ainsi que chez Poe se fixe en images et s'idéalise en symboles le sentiment amoureux comme les autres. Cette prompte généralisation ne va point, il est vrai, sans quelque conséquence fâcheuse : l'expression poétique de l'amour, en cet épurement ])latonique, se dépouille si bien de traits particuliers qu'elle peut avec la plus perfide aisance s'appliquer à une femme quelconque, et ce fut là, il faut l'avouer, le sort de ces beaux vers, comme de ceux à Éliza, comme de ceux à Hélène : ils passèrent, sans plus de peine que de scrupule, d'une bien-aimée à une autre. A force de se spirilualiser, le langage de l'amour devient aussi impersonnel que le sentiment qui l'anime : c'était moins, vn effet, telle ou telle femme qu'aimait l'àme extatique de Poe (jue sa propre exaltation à propos de chacune d'elles. De là, en presque toutes ses poésies amoureuses cette absence de tout