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irait précis, de tout profil net, de tout portrait vivant. Ses maîtresses ne sont pas des femmes de chair et d'os ; ce sont des Iris en l'air, des créatures transfigurées, des âmes béatifiées, de mystiques projections de 1 ame extasiée en un idéal vaporeux.
La vivante réalité qui est leur forme sensible étant un obstacle à leur apothéose extatique, Poe ne semble, avons-nous vu, jamais trouver ses amantes aussi aimables que mortes, c'est-à-dire dégagées de la matière, purifiées de la vie, plongées dans le néant solennel du tombeau ou dans le mirage radieux de lempyrée. A l'une d'elles au Paradis, il dit :
Tu étais tout pour moi, mon amour,
Tout ce qui faisait languir mon âme :
Une ile verte de la mer, mon amour,
Une fontaine et un sanctuaire
Enguirlandé de fruits et de fleurs féeriques,
Et toutes ces fleurs étaient à moi.
Ah ! rêve trop brillant pour durer î
Ah ! Espérance étoilée, qui ne t'es levée
Que pour être éclipsée !
Une voix me crie du fond de l'Avenir :
« Marche ! marche ! » mais sur le Passé,
(Gouffre obscur) plane mon âme en suspens,
Muette, immobile, hagarde.
Car, hélas ! hélas ! pour moi
La lumière de la Vie n'est plus !
.lamais, jamais, jamais plus
(Tel est le langage que tient la mer solennelle
Aux sables du rivage).
Ne fleurira l'arbre foudroyé
Ni ne s'envolera l'aigle blessé.
Et tous mes jours sont des extases.
Et tous mes rêves nocturnes Sont là où luisent tes yeux gris, Où étincelle la trace de tes pas.
En quelles danses éthérées !
Près de quels flots éternels ! ^
Ce beau morceau de poésie éthérée est l'exacte application de