‹ Edgar Poe, sa vie et son uvreChapitre 26 sur 429 · Cf. Works, William Wilsoîi, II · texte numérisé non relu

Cf. Works, William Wilsoîi, II

3. Exagération, croyons-nous, car il ne l'écrivit jamais très bien, ainsi qu'on peut le constater par les citations françaises en ses ouvrages.

rent en des circoiislances plus favorables que les siennes^ ». Ces cinq années, de la septième à la douzième, que Poe passa en ce milieu étranger à un âge oii lesprit, encore neuf à toutes les impressions, est éminemment malléable, exercèrent sur sa nature sensible une influence assez profonde dont nous trouvons l'expression vive dans la quasi-autobiographie de William Wilson écrite vingt ans après. Quon se représente le petit Américain brusquement transporté de sa neuve cité de Riclimond tout ensoleillée dans ce vieux village brumeux, tout plein, non seulement des souvenirs delà vieille Angleterre, mais des manoirs même ([ui avaient abrité les Essex et lesLeicesters, et encore planté de ces grands ormes vénérables à Tombre desquels avait erré le populaire auteur de Robinson Crusoé. Il n'en fallait pas davantage pour éveiller chez l'enfant rêveur ce goût précoce pour le décor romantique qui ne disparaîtra jamais.

« Mes premiers souvenirs d'écolier se rattachent à une grande maison irrégulière du temps d'Éiizabeth, en un brumeux village, dAngleterre où se trouvait un nombre incalculable d'arbres gigantesques et noueux et où toutes les maisons étaient extrêmement anciennes. C'était vraiment un de ces lieux comme on n'en voit qu'en rêve, un de ces lieux qui apaisent l'âme, que cette vieilte ville vénérable. En ce moment même, je sens en imagination la glaciale fraîcheur de ses avenues profondément ombreuses, j'aspire la senteur de ses mille buissons et je tressaille encore avec une inexprimable joie à la note profonde et sourde de la cloche de son église dont le brusque et maussade appel remplit à chaque heure le calme de cette atmosphère obscure où reposait comme endormi le gothique clocher tout dentelé. »

Ce n'est pas seulement l'image plus ou moins nette - des choses elles-mêmes qui survitainsi en la mémoire de Poe : la vieille maison si étrangement irrégulière, la cour dénudée avec son haut mur de briq-ues solides couronné de tessons, la lourde porte massive toute

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