‹ Edgar Poe, sa vie et son uvreChapitre 268 sur 429 · L"Espoir? Dérision ! L'Amour? Insanité · texte numérisé non relu

L"Espoir? Dérision ! L'Amour? Insanité

La Gloire? Triste fleur morte en crevant la terre.

L'Illusion se heurte à la réalité,

Et notre certitude équivaut an mystère {Névroses, p. 347).

« Mes pas suivaient, rampants, lourds de marche et d'ennui.

Un chemin creux rendu souterrain par la nuit,

Lorsqu'un être surgit...

... Ses deux ailes d'ange au plumage flétri

Retombaient lourdement, traînantes et cassées...

Dans le marais lugubre mon espoir se fige..

Me voyant, vois ton àme en son horreur :

C'est son hideux portrait que t'offre ma rencontre

Ton dedans figuré ma forme te le montre.

J'incarne ta pensée et j'exprime ton cœur » {Appariliotts, p. 19).

Il n'est que juste d'ajouter que, sous l'heureuse influence de la nature et peut-être de la médecine ^car nous croyons reconnaître dans Paysans eipaysar/es, et surtout dans Ce que dit la Vie, ce que dit la Mort, des idées chères aux médecins). M. Rollinat a, semble-t-il, réussi à triompher de toutes ces morbides tendances de sa jeunesse pour aboutir en sa maturité à la philosophie sereine, bien qu'un peu courte peut-être, d'un Wordsworth sans rehgion. Voir déjà dans Apparition la Nature et l'Art (p. 30o)et dans Paysans et Paysages Réponse d'un sage (p. 5), Journée de printemps (p. 45), Le Dictame (p. 290), les Apaiseurs (p. 305), l'Instinct (302) et le Philosophe (317). Si notre temps aimait encore la belle poésie saine, il n'aurait pas pour quelques hardiesses si injustement négligé celle-ci. (Depuis que ces lignes ont été écrites, le malheureux poète vient de succomber, victime de l'implacable ennemi qui le guettait depuis sa jeunesse.)

3. M. St. Mallarmé a donné en éditions de luxe une traduction du Corbeau (Paris, 1875) et une traduction des Poèmes de Poe (Bruxelles, 1888). Il a, en outre, écrit une étude sur Poe dans ses Divagations (V-dris. 1896) et nn sonnet à l'occasion de l'Inauguration de son monument à Baltimore en 1875.

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