Cath. Sedfjiewick, VIII
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réalité, il en mourait de faim. 11 nen félicita pas moins son ami Wilmer ^ et même son ennemi Griswold de s'être affranchis de cette dégradante tyrannie des coteries vaniteuses, et les éloges qu'il leur adresse à ce sujet lui reviennent dûment à lui-même.
« Etant donné, dit-il, que tout se passe entre les quatre ou cinq grandes coteries qui, en gouvernant la majorité des journaux littéraires, gouvernent toute notre littérature, il ne faut pas un faible courage chez un auteur qui n'a pour tout gagne-pain que sa plume, s'il veut seulement laisser entendre qu'il peut y avoir quelque chose de bon au point de vue littéraire en dehors des étroites limites d'un certain territoire ^. »
A ces coteries bostoniennes et new-yorkaises, Poe déclara la guerre : il les somme de ne plus entretenir, à côté du culte hypocrite des faux grands hommes, le sot esprit de chapelle ; il dénonce intrépidement toutes leurs manœuvres frauduleuses destinées à improviser des gloires imprévues; « à l'instigation des grands libraires, des coteries, dit-il, se mettent de temps à autre à la fabrication d'une fausse opinion publique au profit de quelque parasite du parti ou de quelque protecteur chicanier de la maison de commerce^ )>. Il prétend « déjouer toutes ces conspirations qui n'ont pour but que d'imposer à l'attention publique des médiocrités aux dépens de tout talent qui n'est pas enrégimenté dans la troupe victorieuse''». Il flétrit les mœurs de cette critique éhontée dont la -corruption est devenue notoire ; « les relations de critique à éditeur consistent, dit-il, soit à débourser ou à extorquer de l'argent, soit à se vendre pour de misérables sommes... Nous nous moquons de tout démenti à cette assertion : elle est d'une vérité infamante ". » Il tourne en ridicule le misérable arbitre du goût réduit à remplacer sa compétence par de la complaisance, sa logique par de l'obséquiosité. « 11 n'y a pas d'homme au monde plus facile à contenter. Il admire tout depuis le gros
\. Wilmer, VIH, 250.