Grahat)is May., mars
à une époque où ils étaient encore contestés. Griswold lui-même, si malmené à l'origine, eut, par la suite, plus que sa part légitime déloges ^ La partialité n'est pourtant pas toujours facilement séparable d'une pareille indulgence. Il est remarquable que Poe, si bien affranchi des faux préjugés patriotiques, était resté esclave des préventions locales : il semble n'avoir si bien échappé à la grande patrie que pour mieux s'enfermer dans la petite; sa haine des puissantes coteries septentrionales l'aveugla toute sa vie jusquà le maintenir dans son attitude primitive de méridional mécontent et militant. De Pinkney qui avait, selon lui, le malheur d'être né trop dans le Sud, il dit, non sans probablement songer à son propre sort : « S'il était né dans la Nouvelle-Angleterre, cette magnanime coterie qui a si longtemps gouverné les destinées de la littérature américaine en dirigeant la misérable North American Revieiv, n'eût pas manqué de le proclamer le premier de nos poètes lyriques-. » A l'égard de ses bienfaiteurs et de ses amis, même largesse : Poe restait trop homme et surtout trop pauvre pour ne pas user envers eux de cette prodigalité de paroles qui était peut-être la seule façon qu'il eut de payer ses dettes. 11 y mit, d'ordinaire, il faut l'avouer, quelque discrétion. A Kennedy à qui il devait, disait-il, plus ({ue la vie, il se contente d'altribuer, à défaut de style et de raffinement, le sens du pittoresque, la hardiesse et la vigueur des passions ^ Il ne nie pas la grossièreté de son ami Wilmer dans sa satire, the Quacks of Hélicon, mais il l'excuse en l'attribuant à une imitation trop intégrale de ses modèles du xviii^ siècle*. La plate Vie de Washington par Paulding, qui l'avait encouragé et recommandé dès ses débuts, se trouve louée en longues périodes plus gonflées de mots complaisants ({ue de pensées sincères ^. Poe voyait donc bien les défauts