‹ Edgar Poe, sa vie et son uvreChapitre 298 sur 429 · IV. — Applications techniques · texte numérisé non relu

IV. — Applications techniques

Faute de culture intellectuelle, l^e ne possédait, en dehors de ses théories extatiques issues d'un fond morbide, qu'un minutieux sens artistique gouverné par de fortes tendances logiques. Seule, cette dernière passion raisonneuse empêchait sa critique inspirée de tomber trop platement des hauteurs vertigineuses de l'extase dans le champ broussailleux des détails arides : car, entre l'idéal et la stricte application, il n'y avait en son humanité bornée que bien peu de place pour la profondeur des réflexions, pour la richesse des sentiments, pour la variété des aperçus. Il lui fallait cette infatigable curiosité méthodique pour le pousser à toujours remonter aux principes, à vouloir tout comprendre, tout expliquer, tout perfectionner'. N'étant point de ces poètes qui veulent faire croire que tout chez eux s'accomplit en une sorte de belle frénésie lyrique, il aime à jeter un coup dœil dans les coulisses de Tesprit humain; il veut en montrer « les rouages et les chaînes, les trucs pour les changements de décors, les échelles et les trappes - », et cela non seulement pour ses propres œuvres, mais encore pour celles d'autrui : Dickens dont il démonta avec un heureux sans-gène le Barnaby Rudge, comme il avait démonté son propre Corbeau, en sut quelque chose '^r (c Partout où la raison domine, dit-il, nous progressons ; là où il n'y a que le sentiment et le goût à nous guider, nous demeurons stationnaires^ w C'est donc par la seule union de la raison avec le sentiment et le goût que nous pouvons espérer le progrès de la poésie, et en particulier delà poésie d'Amérique dont l'avenir est, dit-il, illimitée Mais il faut, pour cela, détruire avant tout le faux axiome qui prétend qu'on ne saurait discuter des goûts', Si,

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