‹ Edgar Poe, sa vie et son uvreChapitre 30 sur 429 · Col. Preston, cité par Ingram, p · texte numérisé non relu

Col. Preston, cité par Ingram, p

2. E. Poe's poetical v)07'fcs (Moxon' s po[iu\arpoe\s. Préf. xxviii).

3. E. Poe's v:orks (Moxon's popular poets. Préface, xxix). Il continuait toujours à se distinguer en classe et en publie par ses aptitudes innées pour la déclamation, membre aussi actif que son i)ère d'un autre « Thespian Club ». Il appartenait aussi à une comi)agnie de jeunes volontaires, « the .Junior Morgan Riflemen », qui servit de garde d'honneur à La Fayette, lors de son passage ù Richmond en 1824. (N. Y. Independent, sept. 1900.)

qui se perdait en des lectures de toutes sortes et se plaisait surtout à poser les grands problèmes intellectuels et à en chercher opiniâtrement la solution \ et vous serez frappé de la gravité de ces remarques autorisées dont l'application ne fera par la suite que se vérifier de plus en plus : « Les névrosés sont, dès leur plus tendre enfance, en proie à une curiosité maladive, insatiable, déraisonnable; ils veulent tout voir, tout savoir ^ » « Il convient de remarquer cette tendance innée de beaucoup dhéréditaires à entreprendre dès leur jeune âge des études au-dessus de leur intelligence ou de leurs lumières, à se livrer à des études abstruses, à composer eux-mêmes des élucubrations nuageuses, mystiques, sibylliques, à découvrir aux choses des significations symboliques, à composer des vers, à creuser des problèmes insolubles. )) Et l'auteur ajoute avec une clairvoyance aussi juste que cruelle : « De là cette masse de ratés et d'incompris qui pullulent dans les bas-fonds de fart (^t de la littérature, surtout au sein des grandes cités; ce flot de réformateurs, d'aj^ôtres, de théoriciens, d'inventeurs, de pontifes, de poètes et même (W philosophes qui ne sont que des candidats à la folie héréditaire -. )) Heureusement que Poe avait, à côté de quelques-unes de ces fatales prédispositions, de rares qualités intellectuelles qui devaient le préserver d'un naufrage total.

En dépit de sa double supériorité physique et intellectuelle, — et quiconque a l'expérience de la jeunesse anglo-saxonne sait combien d'ascendant s'attache à la première, — l'oe n'était point, ce qu'il aurait dû être,' le meneur favori de son école. Ni ses exploits athlétiques ni sa réputation de rimeur ne lui donnaient cette suprématie. On rendait justice à la variété de ses talents, on subissait le prestige de ses qualités brillantes, on était fier d'avoir près de soi le garçon le mieux doué de la ville, et cependant on l'admirait plus qu'on ne l'aimait, on le recherchait peu, on se détournait même de lui. Un de ses camarades les plus sympathiques nous donne la clef de cette énigme :

1. Souvenirs de W. Biirke et du colonel Mayo, dans Ingram, p. 23 et 24.

Page 1