Silence, I
4. L'Assignation, I, 264; Ushev, I, 130. o. Morella, 181 ; Vsher, I, 149.
spontané, parfaitementmodulée,qu'onpeutobservercliez l'ivrogne invétéré comme cliez l'incorrigible mangeur d'opium dans les phases de la plus extrême excitation ^ ».
Au moral, môme déséquilibre. Rares sont les moments de santé, et ils sont eux-mêmes d'une intensité si vive qu'ils inquiètent : « Le seul fait de respirer, dit le héros convalescent, était une jouissance, et je faisais positivement dériver de la joie de toutes sortes de causes légitimes de souffrances-. » Le plus souvent règne, au contraire, une noire mélancolie qui ne sait que « transformer en horreur la beauté^ )) et en images de douleur les gages mêmes du bonheur ''; une noire mélancolie qui, sur tous les objets de r univers physique et moral, répand, comme une propriété qui lui serait inhérente, une incessante irradiation de ténèbres ^ ou les les sulfureuses lueurs d'une idéalité détraquée ^ C'est alors qu'on voit l'inerte malade, en proie aux « inexplicables bizarreries de la démence », regarder dans le vide pendant des heures dans l'attitude de la plus profonde attention comme s'il écoutait quelque son imaginaire : car une étrange habitude de pensée intense et continue se glisse jusqu'en ses plus triviales actions, s'insinue en ses moments d'abandon et se mêle jusqu'à ses rares accès de gaieté' ». C'est alors que le sempiternel songeur qui faisait si orgueilleusement « du rêve enchanteur toute l'affaire de sa vie » va demander aux bienheureuses surexcitations de ses drogues préférées, à l'opium ou à l'alcool, de décupler, en même temps que l'intérêt languissantdes réalités présentes, les forces de « son imagination naturellement vigoureuse et créatrice »; de répandre en magnifiques visions esthétiques, en immenses spéculations métaphysiques, en exultantes effusions sentimentales, toutes les énergies débordantes de sa vitalité, ou bien de les concentrer en