‹ Edgar Poe, sa vie et son uvreChapitre 346 sur 429 · Ihir/.. II. p. -il · texte numérisé non relu

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Supposez maintenant une de ces imjKilsions ralentie, réprimée, lorig-uement (contenue, tenacement combattue^ par la raison et par la volonté et cependant inéluctablement victorieuse, et vous avez la vraie impulsion pathologique, celle que le D*" Legrain appelle « l'expression la plus caractéristique de la dégénérescence mentale ^ ».

Cette impulsion tire, en effet, son origine d'un état primordial que l'on peut, dit le professeur Pierre Janet, exprimer par ces mots de Moreau (de Tours) : « Le vague, l'incertitude, rincolicrence, la mobilité des idées; c'est une désagrégation, une véritable dissolution du composé intellectuel..., la séparation, l'isolement des idées et des molécules dont l'union formerait un tout harmonieux et complet^. » C'est en cette période de misère physiologique, c'est en cet état de relâchement psychologique que viennent, d'ordinaire, s'implanter les idées fixes ^^ «Si, pendant une de ces périodes malheureuses, ajoute le professeur Pierre Janet, le malade n'a été impressionné par aucune sensation anormale, s'il n'a été frappé par aucune idée précise et dangereuse, il va se guérir sans difficulté ; il ne conservera que peu ou point le souvenir de cet état accidentel; il restera, pendant le reste de sa vie, parfaitement libre et raisonnable. Que de gens ont eu ainsi des occasions de devenir fous dont ils n'ont pas profité ! Mais si, par malheur, une impulsion nouvelle, caractéristique et dangereuse est faite sur l'esprit à ce moment oi^i il est incapable de résister, elle prend racine dans un groupe de phénomènes anormaux ; elle s'y développe et ne s'efface plus. C'est en

1. D'' Legrain, Hérédité et Alcoolisme, p. 3oo ; son maître ajoute : « L'obsession et limpiilsion représentent l'état parfait, idéal en quelque sorte, de la déséquilibration mentale. Elles en sont la véritable formule, la signature indiscutable des états dégônératifs. Grâce à la persistance de la lucidité de l'esprit, ils permettent de saisir sur le vif la désharmonie fonctionnelle du système nerveux, l'automatisme des centres cérébraux. » (Magnan. Les Dégénérés, Paris 4895.)

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