Eurêka, IX
POE COSMOGONISTE 659
teur son propre Eurêka^. Il connaît, au moins, la partie cosmogonique des œuvres d'Auguste Comte -. Il a incontestablement médité les lois de Kepler et de Newton ^ Il emprunte plus ou moins directement à Bosco vicli qui la formula en 1758 et à Faraday qui la reprit en 1844, la théorie de la matière centre de forces*. Il s'est enfin assimilé, au point de la faire sienne, Ihypothèse nébulaire de Laplace. C'est cette hypothèse qui forme, à n'en point douter, le noyau même à Eurêka, l'œuvre de 1848 n'étant que la réalisation des promesses de 1841 "". On connaît l'hypothèse de Laplace : une vaste nébuleuse aurait, par sa condensation compliquée de rotation, graduellement donné naissance à notre système solaire dont le soleil serait la masse centrale et chacune des planètes la sphérification d'un anneau détaché de la masse nébuleuse. Cette fameuse hypothèse, dont la simplicité de conception séduisait autant Poe que la complexité de ses applications, notre métaphysicien improvisé prétend, par ses seuls raisonnements mieux que par tous les calculs de Laplace, la fortifier, la perfectionner, l'amplifier à l'infini. Laplace l'avait prudemment réduite à notre seul monde solaire ; Poe l'étend hardiment à tout l'univers des étoiles ^ Laplace avait supposé à l'origine l'état diffus des atomes ; Poe déclare expliquer par sa force de diffusion cet état même \ Laplace attribue le détachement successif des anneaux de la nébuleuse à la disproportion croissante des forces centrifuge et centripète ; Poe croit renforcer cette explication en y ajoutant l'encroûtement graduel des 'surfaces^. La grande lunette de Rosse récemment construite venait, en révélant dans les prétendues nébuleuse de simples agglomérations