IX
force diffusive, il n "y a encore que la volonté divine puisque ces deux forces sont également d'origine surnaturelle. Voilà, il faut l'avouer, bien plus de recours au deics ex machina qu'il n'en est nécessaire pour ruiner le fameux principe de simplicité. Il est vrai qu'après de si indiscrets appels à sa complaisante divinité, Poe finit par y mettre plus de réserve : pour rendre compte de l'agglomération des atomes, il ne demande quu7ie certaine différence de forme et qii ime certaine inégalité de répartition, comme si cette limitation tout arbitraire n'impliquait pas un autre appel, naïvement dissimulé, à la volonté divine ^ Bref, il faut à toute cette défectueuse mécanique céleste la vigilante sollicitude d'une Providence toujours penchée sur des rouages rebelles: la machine de Poe a beau grincer, elle ne va pas toute seule.
Une autre erreur logique de Poe, la plus grave peut-être, c'est de méprendre constamment la cause finale pour la cause efficiente. Alors qu'on cherche le comment, il répond étourdiment par le pourquoi. De la nécessité logique d'une unité primitive, il conclut à l'existence positive de sa particule-; hésitezvous, il se récrie et vous met au défi de trouver mieux. C'est encore de la nécessité logique d'une hétérogénéité ultérieure qu'il conclut la différenciation des atomes dès la période diffusive^. C'est de même l'impérieuse nécessité d'empêcher l'avortement de sa création qui fait surgir à point sa force répulsive*, tandis que la nécessité d'une conflagration finale l'oblige à mettre un terme non moins propice à la durée de cette forcée En somme, c'est de la constatation même des difficultés du problème que Poe prétend tirer la confirmation de ses propres solutions. Il faut avouer que de tous les cercles vicieux il n'en est guère de plus fâcheux : cela seul pourrait dispenser de chercher toute autre erreur dialectique. Remarquons, pourtant, que, dans le})restigieux esca-