‹ Edgar Poe, sa vie et son uvreChapitre 401 sur 429 · IX · texte numérisé non relu

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voie majestueuse dAriès, surnommé Tottle, et que létroite route tortueuse de Ilog^ ; ou sait maintenant, au lieu de se perpétuellement traîner de prémisse en conclusion ou de fait en fait, procéder par bonds rapides vers linfini.

« Non, mon cher ami, dit ce précieux correspondant de l'avenir, onnepeut maintenir que c'est en adoptant exclusivement cette allure rampante que les hommes en arriveraient au maximum de vérité, même après une longue série de siècles: car la répression de l'imagination était un mal que ne compenserait pas même la certitude absolue due à ces procédés d'escargot. Cette certitude était, du reste, loin dètre absolue. L'erreur de nos ancêtres était tout à fait analogue à celle de ce faux sage qui s'imagine voir d'autant plus nettement un objet qu'il le tient plus près de ses yeux. Ils s'aveuglaient avec cette impalpable poussière de détails aux effets sternutatoires.... » Leur lamentable erreur... « c'était cette tendance à n'accorder de valeur et d'estime qu'à des gens qui voient sans comprendre, à tout un menu fretin de minuscules savants, à des fouilleurs et colporteurs de menus faits... de faits qu'ils débitaient tous au même prix sur la grande route et dont toute la valeur venait, croyait-on, du seul fait^ que c'étaient des faits, qu'ils fussent ou non applicables au développement des seuls faits légitimes, de ces faits ultimes qu'on appelle Loi^... »

« Quiconque se permettait de déranger leurs faits dans le but de les mettre en ordre et de les utiliser, se voyait traité par les disciples de Hog sans la moindre pitié. Toute tentative de généralisation soulevait aussitôt les cris de : « théorie, théorique, théoricien ; » bref, toute jicnsée passait pour un impardonnable affront personnel. Cultivant les sciences naturelles à l'exclusion de la métaphysique, des mathématiques et de la logique, beaucoup de ces philosophes dégénérés de Bacon, avec leur unique idée, leur unique point de vue, leur infirmité d'allures se trouvaient plus misérables en leur impuissance et en leur ignorance en face de toutes les matières accessibles à laconnaissanceque le dernier rustre qui prouve qu'il sait, du moins, quelque chose en admettant qu'il ne sait absolument rien. ^ »

Mais par quoi donc remplacer ces vieux systèmes démodés ? Que peut-on bien mettre à la place de linduction et de la déduction? Poe ou plutôt un philosophe du xi.x*' siècle va vous le dire :

4. Inutile de remarquer que Poe joue sur les mots aries, bélier, en grec (.\ries-tottle = Aristote) et llog, pourceau, en anglais, (Bacon voulant dire lard).

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