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LAUVUIÈaE. 43
déduction ne sont pour lui que des moyens humains et, partant, impuissants de s'approcher de la vérité, des moyens d'explication bien plutôt que d'investigation ; le seul moyen vraiment efficace, le moyen réellement révélateur, le moyen divin, c'est l'intuition, c'est « l'irrésistible », quoique « inexprimable^ » intuition, c'est la mystérieuse intuition « faite de déductions et d'inductions si fugaces qu'elles échappent à notre conscience, esquivent notre raison, et défient nos moyens d'expression '^ ». La vérité n'est donc pas au bout de nos savants raisonnements ni au fond de nos minutieuses observations ; la vérité n'est pas le laborieux produit d'une lente et froide argumentation rationnelle ; la vérité ne se démontre pas, la vérité ne se prouve pas. Non, la vérité, c'est le fruit spontané d'une intime et intense suggestion personnelle ; la véritéc'est l'expression intellectuelle d'un profond état affectif où triomphent d'invincibles tendances, d'impérissables instincts, vaguement appelés «analogie », « symétrie », « sens artistique », « sens poétique »; la « vérité », c'est l'inéluctable croyance d'une foi qui croît bien moins en raison de la certitude logique qu'en raison de l'intensité émotionnelle ; la vérité, c'est la grâce mystique qu'on pressent, qu'on perçoit, qu'on éprouve comme on pressent, comme on perçoit, comme on éprouve le bonheur; c'est l'intuition, sœur de l'extase^.
d. IX, 26.