IX
mations possibles de l'hypothèse générale, je ne prétends à aucun don spécial de divination ^ »
N'allez pas vous moquer de c(Hte façon cavalière de demander à l'avenir des preuves que refuse le présent; non, vous vous exposeriez à voir se dresser devant vous un pontife solennel, arrogant, intransigeant, qui, non content de vous traiter de (c philosophe rampant- », de a sceptique par métier" », de « penseur minuscule '^ », voire de « simple fou •' », laissera, du haut de sa morgue sacro-sainte, tomber sur votre pauvre tète humiliée ces dédaigneuses paroles :
« Parmi une engeance de pliilosophes qui s'enorgueillissent de la valeur positive de leurs faits, c'est une mode bien trop répandue que de se moquer de toute spéculation en la désignant du sobriquet si compréhensif de divination. Il s'agit de savoir qui devine. En devinant avec Platon, nous tirons parfois meilleur parti de notre temps qu'en écoutant une démonstration par Alcmion'"'. »
Il est bien évident, que l'auteur à Eurêka n'est pas un vulgaire Alcmion. Aussi, non content de démêler le chaos des faits accomplis, sait-il dévoiler la suite des faits à venir.
(( Est-il impossible, dit-il avec une gradation de certitude remarquablement croissante, est-il impossible que les révolutions géologiques successives qui ont, au moins accompagné, sinon directement causé ces élévations successives du |caractère de la Aitalité, — est-il improbable que ces révolutions aient été elles-mêmes produites par les décharges planétaires successives du soleil, en d'autres termes par les variations successives de l'influence du soleil sur la terre? Si cette idée est soutenable, on a quelque droit de supposer que la décharge d'une nouvelle planète, plus proche du soleil que Mercure, peut amener une nouvelle modification de la surface terrestre, — une modification d'où peut naître une race matériellement et spirituellement supérieure à l'Homme. Ces pensées s'imposent à moi avec toute la force de la vérité, mais je ne les émets ici qu'en tant que pures suggestions'. »