‹ Edgar Poe, sa vie et son uvreChapitre 407 sur 429 · IX · texte numérisé non relu

IX

par dinsuffisantcs connaissances techniques, pour croire qu'une entreprise aussi disproportionnée ait jamais pu prendre quelque valeur scientifique ; nous croyons que tout l'intérêt d'une telle œuvre, forcément impuissante au point de vue rationnel, ne pouvait résider chez Poe que dans l'état d'esprit quelle révèle ; et ce sont, au contraire, les manifestations de cet état que nous trouvons trop rares, parce qu'elles sont trop entravées par des préoccupations étroitement intellectuelles. C'est à peine si, pris du vertige de l'espace, Poe ose s'abandonner à la fascination si entraînante des grands nombres astronomiques*, s'il ose jongler de temps à autre avec les astres et leurs planètes au sein des vastes nébuleuses 2, s'il ose se livrer au capiteux étourdissement des rotations et des girations célestes ^ C'est à peine s'il ose, dans le débordement de sa foi, communiquer un peu de sa propre vie humaine à la foule éparse des atomes, animés de leur « passion spirituelle pour l'unité '^ )>, mus par leur « appétit^ », par leur

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