‹ Edgar Poe, sa vie et son uvreChapitre 408 sur 429 · IX · texte numérisé non relu

IX

3. Poe dit dès le début qu'on ne saurait avoir une vue d'ensemble sur la création qu'en accomplissant une rapide évolution mentale analogue aux pirouettes que ferait sur son talon un touriste au sommet de l'Etna (p. 7). Ces pirouettes mentales, [mental gyralion on the heel., p. 7) Poe semble se complaire à les imprimer à son lecteur apparemment pour le yeul plaisir de se sentir, en ces vastes mouvements giratoires, la tête tourner en môme temps que l'univers entier. A peine a-t-il dit qu'il faut lutter contre « la monomanie qui nous pousse à vouloir saisir l'infini », qu'il ajoute : « Nous avons vu les lunes tourner autour des planètes : les planètes autour des étoiles ; et l'instinct poétique de l'humanité... nous pousse à imaginer une extension illimitée de ce système de cycles. Fermant également nos yeux à la c/eduction et à l'mduction, nous nous obstinons à concevoir une révolution de tous les astres qui composent la Galaxie autour de quelque globe gigantesque que nous prenons pour le pivot central du tout. Nous nous figurons naturellement chaque groupe, dans le grand groupe des groupes, comme pourvu et construit d'une matière analogue ; tandis que, pour qu'il ne manque rien à « l'analogie w, nous persistons à concevoir ces groupes eux-mêmes comme tournant à leur tour autour de quelque sphère plus auguste, — et cette dernière ellemême, avec sa ceinture de groupes comme une simple unité d'une série encore plus magnifique d'agglomérations tourbillonnant autour d'un autre globe qui leur est central, — quelque globe encore plus ineffablement sublime, — quelque globe, disons mieux, d'une infinie sublimité infiniment multipliée par l'infini sublime » (p. 115).

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