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D. IX. 31, uG.
POE GOSMOGONISTE . 675
(( désir de s'unir ))i, conscients de cette « évidente fraternité ))2 qui les met a en quête de leur parent perdu ^ ». C'est à peine enfin si le puissant descripteur de Maelstrom ose user des ressources de son intense imagination de visionnaire pour nous donner le spectacle de la conflagration finale des mondes.
« Quant à l'avenir encore plus effroyable, se contente-t-il de dire, une analogie rationnelle peut nous aider à en former l'hypothèse. L'équilibre entre les forces centripète et centrifuge de chaque système étant nécessairement détruit quand il arrive à se rapprocher jusqu'à un certain point du noyau du groupe auquel il appartient, il en doit résulter subitement une précipitation chaotique, ou du moins apparemment chaotique, des lunes sur les planètes, des planètes sur les soleils, et des soleils sur les noyaux, et le résultat général de cette précipitation doit être l'agglomération des myriades d'étoiles qui existent maintenant dans le firmament en un nombre presque infiniment moindre de sphères presque infiniment supérieures. En devenant immensément moins nombreux, les mondes de cette époque deviendront immensément plus gros que ceux de la nôtre. C'est alors qu'en d'incommensurables abîmes luiront d'inimaginables soleils ; et tout cela ne sera qu'une magnificence climatérique présageant la grande Fin. De cette Fin, la nouvelle genèse indiquée ne peut être qu'un très partiel ajournement. Tout en subissant leur travail de consolidation, les groupes eux-mêmes, avec une vitesse prodigieusement croissante, n'ont cessé de se précipiter vers leur centre commun, et voilà qu'avec une vélocité mille fois plus grande, proportionnée à leur grosseur matérielle et à leur passion spirituelle pour l'unité, les majestueux survivants de la tribu des Étoiles s'élancent enfin dans un commun embrassement '\ »
On voit l'erreur de Poe : la timidité scientifique le paralyse ; il a voulu fiiire jusqu'en pleine chimère œuvre de savant et sa boiteuse logique entrave l'essor de son imagination ailée.
Heureusement qu'une fois affranchie de la tyrannie de ses hypothèses astronomiques, la pensée de Poe, enfin libre de tout frein, s'abandonne brusquement à l'emportement trop longtemps contenu de ses plus impérieuses tendances. Telles quelles, si
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