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POE GOSMOGONISTE 683

a Eussions-nous simplement découvert, dit-il, que chaque atome tend vers un certain point favori, nous serions déjà tombé sur une découverte qui, en elle-même, aurait suffi pour accabler l'esprit; mais quelle est cette vérité que nous sommes en réalité appelés à comprendre? G'estque chaque atome attire chaque autre atome, — sympathise avec les plus délicats de ses mouvements, et cela à l'égard de chacun des atomes et de tous en même temps, et pour toujours, et selon une loi déterminée dont la complexité, même considérée uniquement en elle-même, échappe entièrement à la portée de l'imagination. Si je me propose d'apprécier l'influence d'un seul atome sur son atome voisin en un rayon de soleil, je ne puis accomplir mon dessein sans compter et peser tous les atomes de l'Univers et sans déterminer l'exacte situation de chacun d'eux à un certain moment donné. Si je m'avise de déplacer, ne serait-ce que de la billionième partie d'un pouce, le microscopique grain de poussière qui se trouve maintenant sur le bout de mon doigt, quel est le caractère de l'acte que je me suis permis de commettre ? J'ai accompli une action qui ébranle la Lune en sa course, qui contraint le Soleil à n'être plus le Soleil, et qui altère à jamais la destinée d'innombrables myriades d'étoiles qui roulent et flamboient en la majestueuse présence de leur Créateur*. »

Que d'éloquence, hélas ! et combien fausse, pour un fétu!

Ecoutez encore la solennité du début : n'y sent-on pas tout la superbe d'un vainqueur qui ne sait s'abaisser devant Dieu que pour mieux se relever devant les hommes ?

« C'est, dit Poe, avec une humilité nullement feinte, — c'est même avec un sentiment d'émoi religieux, — que j'écris la phrase initiale de cette œuvre ; car de tous les sujets imaginables, celui que je présente au lecteur est le plus solennel, le plus compréhensif, le plus difficile, le plus auguste.

Quels termes trouverai-je suffisamment simples en leur sublimité, — suffisamment sublimes en leur simplicité, — pour la simple énon-' dation de mon sujet?

Je me propose de parler de l'Univers Physique, Métaphysique et Mathématique, — de r Univers Matériel et Spirituel; de son Essence, de son Origine, de sa Création, de sa Condition Présente et de sa Destinée. Je serai, en outre, assez hardi pour contredire les conclusions et, partant, mettre en doute la sagacité de beaucoup d'hommes parmi les plus grands et les plus justement révérés...

Ma proposition générale est donc celle-ci : — Dans l'Université Ori-

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