‹ Edgar Poe, sa vie et son uvreChapitre 413 sur 429 · IX · texte numérisé non relu

IX

LAUVRIÉRE. 44

ginelledc la Première Chose se trouve la Came Secondaire de Toutes Choses, arec le Germe de leur Inévitable Anéantissement^. »

Ne dirait-on pas le verbe hiératique d'un Moïse apportant de la Montagne Sainte les tables sacrées de la Loi nouvelle ? Si vous n'êtes pas encore convaincu, relisez la mémorable Préface, et dites si elle n'est pas le digne prologue de ce moderne Livre des Révélations :

(( Au petit nombre de ceux qui m'aiment et que j'aime, — à ceux qui sentent plutôt qu'à ceux qui pensent, — aux rêveurs et à ceux qui ont mis leur foi en les rêves comme en les seules réalités, — j'offre ce livre de Vérités, non pas en tant que Révélateur de la Vérité, mais pour la Beauté qui abonde en cette Vérité et qui la rend vraie. A ceux-là je présente cette composition uniquement comme un Produit de l'Art, — disons comme un Roman (Romance), ou, si ce n'est pas là une prétention trop haute, comme un Poème.

« Ce que j'avance ici est vrai : — donc cela ne peut pas périr; ou si cela se trouve maintenant, de quelque façon, écrasé jusqu'à périr, cela « ressuscitera dans la Vie Éternelle. »

« Néanmoins c'est seulement en tant que Poème que je désire que cet ouvrage soit jugé après ma mort. »

Poe pontife, Poe révélateur, Poe fondateur de sectes, telle est la dernière évolution logique du philosophe intuitif emporté en sa folie extatique. Roman cosmique dont les aventures se passent dans le monde intellectuel, poème philosophique dont l'inspiration s'égare dans le panthéisme, prophétie artistique qui se croit scientifique. Eurêka couronne dignement de sa frôle architecture métaphysique l'œuvre fantastique du grand conteur américain.

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