Yankee and Lilerary Gazelle, VI, 295-i>98 (n. s
'2. Yankee and Boston Lilemnj Gazelle, VI, 29o (n. s.).
3. Ne serait-ce pas, par hasard, à son jeune protégé que Neal songeait lorsqu'il écrivit les vers suivants? « D'un lieu solitaire et boisé, s'avança pour regarder un visage aux grands yeux bleus, au front d'un éclat alarmant. C'était un visage de poète ! Il s'épanouissait comme les douces et étranges fleurs de cette solitude, seul, négligé, jusqu'à ce que le cœur fût éclos... C'était un enfant fier et passionné comme tous les fils de la Poésie, au front hautain, à la démarche hautaine, avec quelque chose d'effrayant (awful) dans le visage, aux yeux étranges, pleins de douleur et de surprise, les yeux d'un être qui peut voir les morts. Le regard chercheur, il se tint, un moment ou deux, debout sur la lisière de ce vaste bois, puis s'aventura au dehors d'un pas bondissant, avec un cri joyeux, le beau ciel s'arrondissant au-dessus de sa tête, et devant lui se déployant la vaste mer ». (Cf. Griswold's Poels of America, p. 139.)
d'un petit livre fort mince, en dépit d'une étrange prodigalité de marges et de pages blanches, la seconde publication de Poe : (( Al Aaraaf, Tamerlane and Minor Poems, hy Edgar A. Poe. )> Ce volume ne contient, outre Tamerlan et quatre poésies de la première édition plus ou moins revisées, que cinq nouveaux poèmes avec Al Aaraaf. Ces œuvres nouvelles n'offrent au point de vue biographique rien de bien intéressant; elles nous apprennent que le vieux levain byronien ne s'est transformé, sous l'influence des premières luttes et des premiers déboires de la vie, qu'en un ferment plus acre : tantôt les regrets du passé s'exaltent en sentimentalité funèbre qui se complait dans l'idée de suicide, tantôt la pose théâtrale de l'orgueil déçu se raidit durement jusqu'au défi.
« Je ne cherche plus là-haut ma destinée dans une étoile... Je suis debout parmi les clameurs d'un rivage battu des vents, et je tiens en ma main quelques grains de sable. Si peu! etglissant si vite entre mes doigts jusqu'à l'abîme ! Est-ce là mes premières espérances ? Non! elles s'en sont allées glorieusement, comme la foudre des cieux, soudain ! et moi j'irai de même... Ils disent que je suis orgueilleux. Ils mentent, ils mentent tout haut. Mon cœur bat de honte à la mesquinerie de ce mot auquel on ose associer un sentiment comme le mien. Stoïque ?... non plus. Dans l'épouvante de mon destin, je ris de penser comme il est misérable, ce plaisir : endurer! Quoi ! ombre de Zeus ! Moi, endurer! non, non, je défie !^ »
Sous rinfluence de Moore et peut-être de Platon, le jeune byronien échappe pourtant à lui-même et donne, dans Al Aaraaf comme dans Fairyland, ses premiers essais de poésie impersonnelle ; mais ce rêveur de clair de lune ne fuit sa morbide personne et ce vil monde terrestre que pour se perdre en de vagues régions surnaturelles peuplées des impalpables créations de son imagination symbolique.
Bien que l'auteur en eût généreusement prodigué les exemplaires-, le nouveau volume n'eut apparemment d'autre succès