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2. Ayant rencontré à Richmond son ancien camarade Bolling. Poe, après lui avoir fait un fantastique récit de ses aventures et de ses vicissitudes, l'emmena chez le libraire Sanxy, qu'il pria de remettre à son ami lous les
que celui d'exciter par ses obscurités et ses excentricités la verve ironique des beaux esprits de Baltimore et de s'attirer dans une revue de cette ville un article sarcastique de RufusDawes dont la victime tira plus tard ample vengeance.
Cependant, l'âge de la majorité étant venu, Poe se trouvait maintenant trop vieux pour entrer à West-Point. Mais, de même que, pour s'engager comme simple soldat, il ne lui en avait guère coûté de se vieillir de quatre ans, il ne lui en coûta pas davantage en cette circonstance, de se déclarer âgé de dix-neuf ans et cinq mois. Dès lors, c'était fait. De nouvelles interventions ^ se produisirent plus efficaces que les premières, et Poe recevait vers le 15 mars 1830 sa nomination de cadet de l'Académie militaire de Wcst-Point. Le 31 mars, M. Ailan donnait comme tuteur son consentement à l'engagement du jeune homme pour cinq ans dans l'armée des États-Unis, et le 1^' juillet le futur poète entrait à West-Point.
Fondée en 1802 dans le but de fournir à l'armée américaine des officiers instruits, cette Académie recevait des jeunes gens de moins de vingt et un ans qui, dispensés de toute redevance pour les frais d'étude et d'entretien, obtenaient, en outre, une indemnité de 28 dollars par mois. Comme le nombre des cadets. était limité, il fallait des protections aussi puissantes que celles dont bénéficia Poe pour s'assurer l'entrée de l'École. La durée des études était de quatre ans. La discipline était sévère. Cette rigueur passait même pour excessive. En 1829, à la suite du décès de quelques cadets, une enquête fut faite.
« On peut, dit le rapporteur, affirmer à l'égard de tous les cadets qu'ils sont constamment surmenés à l'extrême au point de vue mental, tandis que, par suite du climat, pendant près d'une moitié de l'année, ils sont privés de tout rexercice physique qui est nécessaire à leur hygiène-. » « Le service est si strict, ajoutait une revue de
exemplaires de son œuvre que celui-ci pourrait demander, afin qu'ils fussent donnés à d'anciens camarades de collège.
1. Entre autres, celles du sénateur Powhatan Ellis, frère cadet de l'associé de M. Allan, du président de la Chambre, A. Stevenson, et peut-être du général Scott.