Life of John Pendleton Kennedy, 1841; p
li faut rccoiHiailrc que la gTatitudc de Poe à légard de ce délicat et persévéraut bienfaiteur ue se démentit jamais; six ans plus tard, il écrivait : (( M. Kennedy a, de tout temps, été un fidèle ami pour moi. Il a été le premier ami fidèle que j'aie jamais eu. Je lui dois la vie même ^ )> Kennedy lui donna, en effet, mieux que des secours matériels : il lui prêta un appui moral qui n'était pas moins précieux. Poe lui dut tout d'abord des travaux provisoires, puis un poste capable de lui assurer des moyens d'existence suffisants.
Alors végétait péniblement à Richmond une récente revue, le Southern Literary Messenger, dont lepropriétaire, Thomas Wliite, imprimeur plus riche que comj)étent, était en quête de collaborateurs. Wliite sadressa à Kennedy, et Kennedy lui recommanda Poe. Le résultat ne se fit pas attendre ; en mars 1835 paraissait Bérénice avec la note suivante : « Tout en avouant qu'il y a, à notre gré, trop d'horreur allemande en ce sujet, il ne peut y avoir qu'une opinion sur la force et l'élégance du style. » En avril, paraissait Morella. Quelques jours plus tard, Kennedy écrivait à White :
« Baltimore, le 13 avril 1835.
« Cher Monsieur,
« Poe a bien fait de se recommander de moi. Il manie très bien la plume, en lettré qui a du savoir. Il a besoin d'expérience et de conseils, mais je ne doute point qu'il puisse vous devenir très utile, Pauvre garçon, il est bien pauvre ! Je lui ai dit d'écrire quelque chose pour chaque numéro de votre revue et que vous trouveriez peut-être votre avantage à lui donner un emploi permanent. Il a un volume de contes très bizarres chez Garey and Lea, de Philadelphie, ([ui lui promettent depuis plus d'un an de les publier. C'est un garçon de beaucoup d'imagination et un peu porté vers l'effrayant. 11 travaille en ce moment à une tragédie, mais je le dirige vers toutes les besognes qui peuvent lui rapporter. Je ne doute point que vous ne trouviez l'un et l'autre profit à vous entendre -. »
White s'avisa de ce conseil ; en mai, paraissait, outre Lion-