‹ Edgar Poe, sa vie et son uvreChapitre 54 sur 429 · Poe à Thomas, 4 juillet 1841 ; Stoddard, XGV · texte numérisé non relu

Poe à Thomas, 4 juillet 1841 ; Stoddard, XGV

MIS1':RE et SUCCES 77

nerie, des critiques littéraires d'Edgar Poe. Le 30, celui-ci écrivait au directeur :

« Quant à ma critique du roman de M. Kennedy, j'en suis positivement honteux. Mon intention était bien d'en faire une revue approfondie et d'examiner l'œuvre en détail. Il a fallu ma mauvaise santé pour m'empècher de le faire. Quand je rédigeais l'esquisse hâtive que je vous ai envoyée, j'étais si malade que je pouvais à peine voir lepapiersur lequelj'écrivais, et je l'aifmiedans un état d'épuisement complet... J'en suis d'autant plus vexé que M. Kennedy n'a pas cessé de se montrer pour moi à tous égards un excellent ami, et je lui garde une reconnaissance sincère pour bien des actes de générosité et d'attention. Vous me demandez si je suis parfaitement satisfait de vos intentions. Je vous réponds : entièrement. Mes pauvres services ne valent pas ce que vous me donnez ^ »

Le 22 juin, après le succès sensationnel des Aventures de Ilans Pfaall, Wbite, sans doute fatigué des échecs successifs de ses différents rédacteurs, fait ([uclques nouvelles avances à Poe qui lui répond :

« ^'ous me demandez si je consentirais à venir à Richmond, au cas où vous auriez besoin de mes services dans le courant de l'hiver. Je vous réponds que rien ne me ferait plus grand plaisir. Voilà quelque temps que je désire me rendre à Hichmond, et je serais bien aise d'avoir une excuse raisonnable pour le faire. A vrai dire, je voudrais me fixer dans cette ville et, si vous entendiez par hasard parler de quelque situation qui pût me convenir, je m'empresserais de l'accepter, le salaire fùt-il insignifiant. Je vous serais donc bien obligé si je pouvais, grâce à vous, atteindre ce but. Ce que vous dites en conclusion de votre lettre à propos de la revision des épreuves me donne quelque raison d'espérer que vous pourriez peut-être me trouver quelque chose à faire en vos bureaux. J'en serais fort heureux, car je n'ai à présent qu'une très petite partie de mon temps employée '^. »

Kn aucun moment de sa vie, Poe n'a peut-être été plus sympathique qu'alors. Lorsqu'au sortir de cette obscure et misérable période de Baltimore, il apparaît pauvre, malade, sans ressources, sans avenir, après que le marasme a surexcité en lui

\. Griswold, XIH.

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