‹ Edgar Poe, sa vie et son uvreChapitre 65 sur 429 · Poe à Brooks, 4 septembre ; Didier, p · texte numérisé non relu

Poe à Brooks, 4 septembre ; Didier, p

3. The ConchologisVs first book by Edgar A. Poe... Philadelphia, 1839. L'ouvrage parut en avril. Ce fut Wyatt lui-même qui donna plus tard au Prof. John Anthony, de Harvard Collège, l'explication de cette étrange collaboration. Cf. Woodberry. p. 112.

affaire qui s'en alla de ville en ville faire des conférences pour le seul écoulement de ses produits frauduleux? Trop obscur pour être jamais dénoncé ni hautement condamné, cet habile exploiteur des misères humaines eut les gros bénéfices, tandis quà vil prix Poe souillait à jamais son nom destiné à la gloire. Quand vint l'heure de la célébrité, alors que, malade, il subissait l'assaut de tous ses ennemis, il n'en manqua pas, nous le verrons, })our déterrer le volume oublié et lui jeter à la face les mots d'escroc et de plagiaire ^

Ainsi glissait Poe sur cette pente fatale qui peut mener si loin. Sous la dure pression du besoin, sa trop mobile nature ne s'adaptait que trop facilement aux plus dangereuses pratiques de la bohème dont il était, pourtant, le premier à souffrir. Un de ses anciens collègues de llichmond l'ayant prié de collaborer à sa revue de Pittsburg au tarif de 4 dollars la page, il s'empressa d'envoyer de la copie : l'article parut, mutilé, sans nom d'auteur (^.tsans qu'il en reçut jamais un cent. Il lui arrivait, disons-le liautement, de montrer plus de scrupules : il avait, dès le début de son séjour à Philadelphie, résolument refusé d'entreprendre pour une revue de Baltimore un article sur Washington Irving, « ne voulant pas, dit-il, mal exécuter une pareille tâche-». Cette revue, VA77iencan Muséum, qui fut sa meilleure ressource en ce rude hiver, le payait pourtant assez mal : cinq ou six dollars par article, dit-on ; et au nombre de ces articles se trouvaient des œuvres telles que Ligéia et le Palais hanté. L'un de ses plus beaux poèmes en prose, Silence, qui parut alors sous le nom de Siope, n'obtint pas davantage du BaUimore Dook. Que faire donc, sinon accepter pour gagne-pain les plus mesquines corvées de rédaction dans les plus obscurs bureaux de la presse locale?

Il y avait alors à Philadelphie une médiocre revue, le Gentleman s Magazine, grossièrement fait(; de coupures plus ou moins

1. f)n lui attribue, de inènie, (|ut)i(jue sans preuves suffisantes, la paternité d'une autre œuvre analogue, (Taprés V Histoire nalurclle dv. Lemonnier ^lui parut à la môme époque sous le nom de Wyalt.

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