‹ Edgar Poe, sa vie et son uvreChapitre 76 sur 429 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

II est consolant de penser qu'au milieu de toutes ces tribulations, Poe gardait un ami qui, au courant de ses faiblesses comme de ses infortunes, ne lui en restait pas moins lidèle. C'est là une de ces amitiés qui font également honneur aux deux hommes : car, si elle révèle chez l'un de l'indulgence et de la bonté, elle montre que l'autre n'en était pas, après tout, si indigne par sa constance et sa reconnaissance. Cet ami, du nom de Frédéric Thomas, était le fils dun libraire de Providence que le métier de son père, en même temps peut-être que les nécessités et les délicatesses que détermine souvent une infirmité accidentelle (il était boiteux), attirèrent de bonne heure vers la littérature. Après s'être lancé dans le journalisme et s'être essayé sans grand succès en poésie, il avait écrit quelques romans dont le premier, Clinton Bradshaw, ne fut pas, paraît-il, sans quelque mérite ni quelque vQgue.

A ce propos, Poe donna à son ami quelques bons conseils qu'il ne suivait guère lui-même :

« J'aime beaucoup Howard Pinkncy, dit-il, mieux que East and West, et bien moins que Clinton liradshaw ^. Vous vous abandonnez dans Clinton Brad>ihaw à votre nature (qui est noble, à coup sùrl, tandis que, dans Howard Pinlnwij, vous (juittcz la grande route pénil)le pour suivre les jolis sentiers où se complaisent les auteurs. Dans le premier ouvrage, vous vous intéressez à ce que vous écrivez et, pour charmer, savez écrire avec charme; dans le second, vous étant

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