Griswold, V
o. Gill, tll. On ne doit pas oublier, en effet, (pie Griswold avait i)i'is la place de Poe au (irakains Mayazine en mars 18ii.
l'avouer, à l'honneur de Poe ; nnais le froid pasteur ne sut que trop bien prendre sa revanche.
Poe n'avait pas attendu ce moment pour reprendre ses projets de revue. Dès le 6 juillet 1842, il écrivait :
« Je fais de sérieux, quoique secrets efforts, pour reprendre mon projet du Pcnn Magazine et j'ai plein espoir de réussir à faire paraître le premier numéro le 1*^"^ janvier... J'avais déjà (un an plus tôt) près de mille souscripteurs pour lancer le Penn, et, avec eux comme début, c'eût été ma faute si j'avais échoué. Il peut encore s'en trouver de l'ancienne liste trois ou quatre cents qui me restent fidèles; et d'ici le premier janvier, je ferai tous mes efforts pour m'en procurer d'autres. Je sens que c'est maintenant l'heure de frapper. Ce délai ne me fera, après tout, aucun mal. Ma direction du Grahams m'a mieux fait connaître en me montrant, je l'espère, sous un jour plus favorable. Je désire, par-dessus tout, que ce soit là une publication où le vrai génie, en tant que distinct du génie purement factice, soit représenté. Je ne céderai rien aux grands noms, ni aux exigences sociales. Je ferai la guerre au couteau contre cette prétention qu'a la Nouvelle-Angleterre de posséder tout ce qui a de la valeur et du talent, prétention si odieusement manifestée dans « les Poètes et la poésie d'Amérique » du Révérend Rufus W. Griswold *. »
Une fois de plus, le New York Mirror annonçait le 30 juillet la prochaine apparition du Penn^ et de nouveaux prospectus en informaient amis et intéressés. A son cousin Washington Poe, d'Augusta, Edgar écrivait le 15 août :
« J'espère que vous trouverez mes desseins de nature à mériter votre concours. Je suis mû par une ambition que je crois honorable : celle de servir la grande cause de la vérité, tout en contribuant au progrès des lettres en ce pays. Jusqu'à ce jour, mes efforts n'ont servi qu'à faire croître ma réputation littéraire et à favoriser les intérêts pécuniaires à'autrui. Si je réussis dans ma tentative actuelle, fortune et renommée devront, du moins, aller la main dans la main -. »
1. Poe to Bryan. 6 juillet 1842; Works, I. Memoir, p. 40. Dès le 6 juin, il avait écrit à un obscur littérateur, le D-- Ghivers, qui ne manquait pas de fortune : « Gomme je n'ai pas d'argent moi-môme, il me faudra absolument trouver un associé qui ait quelques ressources pécuniaires. Si je vous le dis, c'est que vous pouvez avoir vous-même la volonté et les moyens de me venir en aide. » (Century, janvier 1903 ; the Poe-Chivers papers, édit. by Prof. Woodberry.)