Poe à Loweli, 2o décembre 1842 ; Woodberry, p
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ses tiroirs : en mai 1844, Poe se plaignait à Lowell que six de ses contes, et non des moindres, attendaient vainement chez divers éditeurs ilieure de paraître.
A défaut de revues restaient les livres. Nous avons vu qu'en 1840, alors que Poe croyait l'édition de ses contes épuisée et en projetait une nouvelle en deux volumes, la maison Lea et Blanchard s'empressa de l'informer qu'elle déclinait son offre, faute d'être rentrée dans ses frais. Après son grand succès du Scarabée d'Or, Poe croit l'occasion meilleure : il se met vers la fin de 1843 à publier ces contes en fascicules; l'opération ne fut pas plus heureuse; seul, le premier fascicule, qui contenait les Meurtres de la Rue Morgue et V Homme usé, put jamais paraître.
Puisque l'Amérique était si indifférente, peut-être l'Europe serait-elle plus accueillante. Un procès venait justement de s'engager en France à propos de Poe.
« Le journal /c Commerce, répète Griswold^. avait donné en feuilleton une traduction du Meurtre de la rue Morgue. Un rédacteur de la Quotidienne l'avait ensuite donné dans ce journal sous le titre de VOrang-Outang. Un troisième journal accusa la Quotidienne de plagiat à l'égard du Commerce, et au cours d'une enquête légale qui s'ensuivit, le feuilletoniste du Commerce prouva à la satisfaction du tribunal qu'il avait entièrement dérobé le conte à M. Poe dont les mérites furent aussitôt prônés dans la Revue des Deux Mojtdes et dont les meilleurs contes furent sous cette influence traduits par M"'« Isabelle Meunier pour \i{. Démocratie pacifique et d'autres gazettes françaises. »
Par malheur,. Poe ne pouvait guère songer à tirer parti de ces publications faites en France; mais il y avait l'Angleterre. Poe y avait justement un correspondant tout dévoué, en ce poète Richard Horne, dont il avait si hautement apprécié le poème {ÏOrion. Poe le pria de faire publier à Londres un de ses contes, les Lunettes; le choix était, il est vrai, malheureux. C'est en vain qu'avec le plus grand zèle, Horne présenta cette œuvre à plusieurs revues de Londres; aucune ne voulut la publier. En mars 1842, Poe avait fait la connaissance de Ghaples Dickens qu'il vit deux fois durant son séjour en Amérique; il en était résulté des rela-