‹ Edgar Poe, sa vie et son uvreChapitre 9 sur 429 · XII PRÉFACE · texte numérisé non relu

XII PRÉFACE

infliKMice sui' des élèves comme le D'" Chabaneix, les mêmes idées aux Facultés de Lyon et de Bordeaux. Mais il fautavouer qu'à toute cette activité des savants, la critique littéraire a peu répondu : nous ne voyons qu'un philosophe, comme M. ^labilleau, pousser son étude psychologique de Victor Hugo jusqu'aux confins delà pathologie, qu'un psychologue comme M. Max Nordau s'aventurer jusqu'à soumettre toute une période intellectuelle aux décisions d'un diagnostic médical, et qu'un critique comme M. Brunetière accepter, pour Bousseau comme pour Baudelaire, le point de vue aliéniste^

Quelles qu'en soient les complexes causes, l'opiniâtre répugnance de la plupart des littérateurs à admettre le point de vue pathologique n'en est pas moins aussi fâcheuse qu'évidente ; car si la compétence des spécialistes est souvent indispensable pour prononcer certains verdicts embarrassants, les recherches appropriées de l'érudit n'en sont pas moins requises pour mettre en lumière la foule des faits et des cas suspects, de même que le concours éclairé des critiques est nécessaire pour en faire valoir auprès du public les conséquences aussi imprévues que salutaires. Ce n'est que par cette loyale alliance des lettrés et des savants que le progrès peut s'accomplir en cette voie; ce n'est que par cette bonne entente que pourront jamais se résoudre certains grands problèmes de psychologie toujours provocants : de minutieuses monographies sur les grands hommes, a dit M. Bibot-, en a[)prennent plus sur les conditions du génie que d'ambitieuses formules qui ne s'appliquent jamais à tous les cas particuliers. A cette féconde union de la littérature et de la science, la critique gagnerait peut-être de se fortifier en se rajeunissant.

Nous nous sommes donc pour la pn^mière fois, dans la mesure de nos forces, appliqué en luue de ces minutieuses biographies, à concilier le point de vue pathologiqut^ et le point de vue littéraire

1. M. Bruneti^^re se rapproche curieusement de M. Max Nordau en montrant dans rhy[)eresthésie de Rousseau la source non seulement de son génie comme de sa folie, mais encore de toute la littérature subjective qui en dérive, et dans la neurasthénie de Baudelaire, le mal foncier de toute l'école décadente.

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