‹ Edgar Quinet avant l'exilChapitre 100 sur 150 · Extraits analytiqttes du Génie des religions · texte numérisé non relu

Extraits analytiqttes du Génie des religions

Le même dieu se manifeste dans le buisson ardent. Indra, Jéhova habitent le même séjour; la lumière est leur vêtement.

Les pasteurs descendent dans les vallées. A Indra va succéder Brahma. Les siècles se sont écoulés. La vie patriarcale fait place aux royaumes, Thymne fait place au système, la prière au précepte, le culte du berger est interprété par le prêtre ; il étend le sens naturel au moyen du sens mystique.

L'image continuelle des flots annonce que l'immense mer s'étend sous le regard de l'homme; toutes les harmonies de Brahma sont avec la mer. Révélation de l'infini par l'Océan. Monologue de l'esprit dans l'abîme incréé. Dans le culte de Brahma se retrouvent les vestiges d'un christianisme primitif : incarnation, chute, sacrifice du dieu, trinité. Écoutez cette profession de foi de Brahma :

Rien n'est plus grand que moi. Gomme les perles sont suspendues aux colliers, tous les êtres dépendent de moi. Je suis la lumière dans le soleil, la prière dans les livres sacrés, le parfum dans les fleurs, l'éclat dans la lumière, la vie en toutes choses, et réternelle semence de l'univers. Je suis l'esprit de la création, son commencement, son milieu et sa fin. Dans chaque espèce je suis la plus noble... et, parmi les paroles je suis la parole divine.

Edgar Quinet définit le caractère sacerdotal des épopées indiennes « un mélange de l'Iliade et du Coran ».

Il trouve d'étonnantes analogies entre nos épopées inédites du xii* siècle et les monuments les plus anciens de là littérature indoue. Dans le Ramayâna mêmes

féeries que dans les romans de la Table Ronde ; le sentiment de la nature, les douleurs humaines exhalées avec une vérité navrante.

Le dieu de l'Inde est aussi son législateur; les lois de Manou sont pleines de mansuétude ; mais elles consacrent les castes, institutions monstrueuses nées de la conquête.

Relisez cette page si humaine, si patriotique sur la conquête*. C'est l'éternel honneur d'Edgar Quinet d'avoir vivifié l'enseignement en puisant aux sources vivantes, réelles; il songeait à toute heure à sa patrie tant aimée.

Dans un chapitre très important, il montre les analogies du bouddhisme et du catholicisme. La foi indienne s'est glacée à force d'interprétations ; la philosophie devient scolastique, les dieux se changent en abstractions, en catégories. Enfin, à la dernière époque, surgit la théorie du néant absolu, et, de ce gouffre d'abstraction, la révélation de Bouddha. Ce grand Chrisl du vide naît aussi d'une vierge immaculée.

Une morale négative, et une société occupée à se dissoudre, des mœurs cénobitiques résultent de cette religion morte ; le monastère est la vraie patrie, le mariage condamné changé en célibat, la propriété en aumônes, plus de droits individuels. Dans le bouddhisme comme dans le catholicisme, ce ne sont que fondations de couvents d'hommes ou de femmes, missions, pèlerinages, bénédiction de reliques, indulgences, prédications, conciles pour combattre les schismes, extirper Thérésie, maintenir Forthodoxie. Au sommet de Torganisation monastique, une papauté. L'inaction, le sommeil

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