LE GENIE DES RELIGIONS
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Enlrons dans l'analyse de ce livre, un des plus importants dans l'œuvre d'Edgar Quinet.Dequis quarante-cinq ans, tous les écrivains qui ont écrit sur les religions anciennes se sont inspiré de ce livre; on l'a consulté, on s'en est servi, rarement on a nommé l'auteur. Les travaux de 1823 à 1840 l'ont préparé, le cours de Lyon en est la base. La critique ne pouvait pas s'en occuper; la science des religions était complètement négligée en France; les grandes publications qui ont mis à la portée des savants les textes sanscrits, indous, persans, n'existaient pas encore; la célèbre traduction de M. Burnouf n'était pas encore publiée. Pour citer les textes indous. Edgar Quinet fut obligé de recourir à un fragment de traduction latine. Le Génie des Religions ouvre la série de
tout ce qui a été fait dans ce domaine. Edgar Quinet le rappelle avec fierté :
Ce livre est plus vrai aujourd'hui qu'au moment de sa première apparition. Tout Ta confirmé, la science et les événements. Les vues que j'a>ais établies le premier, et qui m'ont été le plus contestées, par exemple TUnité de Dieu chez les peuples sémitiques, enfants du désert, ont été reproduites et mises hors de doute par les recherches postérieures, et cette joie m'a été donnée de voir oue les germes que j'ai semés ont produit des arbres, que mes inductions sont devenues des vérités ; que, dans ce voyage de découvertes, où j'avais tant de chances de m'égarer, mes pas ont été assez sûrs pour servir de direction à d'autres *.
Deux éloquents proscrits, MM. Madier de Montjau et Bancel, dans leurs conférences littéraires à Bruxelles, revenaient souvent sur le Génie des Religions.
C'est la genèse de l'esprit, de même que la Création est la genèse du monde physique.
Le livre 1^*^ débute comme une liturgie, mais ce spiritualisme n'exclut pas la précision rigoureuse deTaits. C'est d'abord une sorte de géographie épique : les continents décrits par la géologie, par l'histoire, par la poésie, dessin à grands traits, et qui rappelle les heures sublimes passées à la chapelle Sixtine avec Michel-Ange, et dans les loggia de Raphaël.
La vraie supériorité de l'homme, c'est le sentiment de l'infini. La puissance de création n'est pas épuisée, elle continue par l'esprit humain, elle s'est réfugiée dans le cœur et dans la conscience de l'homme.