Ibid
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leurs cœurs. Le:20 juin 1844, une députation de plusieurs centaines d'étudiants se rendit chez Edgar Quinet, € démonstration éclatante pour sceller l'alliance entre la jeunesse française et les professeurs qui leur montraient le chemin de l'avenir ».
Pour donner l'idée de l'enthousiasme qui électrisait les âmes, je rappelle ici une page écrite, pour ainsi dh'e, au pied de la chaire de Michelet* :
Pendant dix ans, il a été donné à trois hommes de renouveler la puissance de la vie antique, alors que la parole exerçait la suprême magistrature et que renseignement s'élevait à la hauteur du sacerdoce. Mickiewicz, Michelet et Quinet nous apparaissaient comme les pontifes et les consuls de cette république des intelligences qui s'édifiait en dépit d'un matérialisme sordide, sous le règne de Targent. Ces trois hommes étaient pour nous Tidéal vivant de la société de Tavenir. En leur présence, plus d'un disciple s'écriait comme le Théagès de Platon : « Étais-je auprès de toi, et mes vêtements touchaient-ils los tiens, j'avançais encore plus en science et en vertu. Et maintenant que je suis à tes côtés, je voudrais que ma vie s'ècoulàt à t'entendre. »
Ils reconstituaient la patrie par le désintéressement et le sacrifice; ils formaient des citoyens en réveillant la fierté et rindépendance dos caractères ; ils cimentaient l'alliance des tUnes droites et fondaient la grande fraternité.
Le cœur de ces trois hommes austères et purs fut le grand foyer de vie et de lumière où convergeaient tous les rayons, où se formaient des amitiés impérissables.
Oui de nous ne tressaille encore au souvenir de cette heure où l'auditoire frémissant tenait les yeux fixés sur la porte basse qui s'ouvrait au-dessus de la chaire ? Le maître apparaît. Sa figure aimée rayonne de toutes les ardentes sympathies (|ui le saluent. Une immense acclamation sort de cette foule