‹ Edgar Quinet avant l'exilChapitre 120 sur 150 · COURS DE · texte numérisé non relu

COURS DE

Le cours de cette année s'ouvrit au milieu d'une agitation qui grandissait à l'extérieur, tandis que l'enceinte du Collège de France était réellement l'endroit de la terre où régnait un esprit d'amour et de concorde. Le culte de la patrie et de la liberté, la grandeur et l'héroïsme de la Révolution française, la religion de la justice formaient la pure substance de cet enseignement.

Je ne puis montrer ici que l'esprit vivifiant apporté par Edgar Quinet dans l'examen des faits historiques*.

Il continuait au Collège de France le vaste plan qu'il s'était tracé à Lyon : l'histoire universelle des révolutions

1. Des citations intégrales du Chrislianisme et la Révolution françaisey seraient impossibles. Je renvoie le lecteur à ce livre qui trace à la démocratie un si haut idéal.

religieuses et sociales. Par la même méthode, il établissait les rapports des institutions politiques et des institutions religieuses du moyen âge en Italie, en Espagne. Après le christianis|ïie des apôtres, le schisme grec, l'islamisme, la papauté, la réformation, l'ultramontanisme, la société de Jésus, l'Église gallicane et enfin la religion civile nouvelle, la Révolution française.

C'est bien la philosophie de la Révolution qu'Edgar Quinet a inaugurée dans ses leçons de 1845. Il montre comment la révélation nouvelle surgit de cette grande date de rénovation.

De ses leçons je veux rappeler seulement quelques paroles du cœur; le sentiment en est si profond, qu'il grave les idées dans l'esprit.

Il s'adressait à l'avenir lointain autant qu'au présent, et disait à ses jeunes amis qu'il avait foi en eux, même quand il ne serait plus :

Je veux croire que les paroles que j'ai prononcées ne sont pas mortes, que Tàme que j'ai cherché à répandre vit encore, ne fût-ce que dans un petit nombre d'entre vous... Ils sont loin, ceux au milieu desquels j'ai commencé à Lyon la carrière d'idées que je poursuis ici; d'autres les ont remplacés qui à leur tour ont disparu... Malgré le changement (les années, il reste ici debout un esprit qui garde au moins un souvenir de ma pensée*.

Quelle émulation sacrée il répandait dans son jeune auditoire, en montrant que chacun de ceux qui l'écoutaient portait en lui l'avenir ! Il les mettait en garde

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