‹ Edgar Quinet avant l'exilChapitre 130 sur 150 · Lettre aux électeurs f · texte numérisé non relu

Lettre aux électeurs f

La vie parlementaire ne lui souriait guère ; pourtant il consentit à poser sa candidature à Bourg et à Mézières. Ainsi qu'il était à prévoir, il échoua, dans les Ardennes, contre M. Ganneron. En juillet 1846, il est porté à Paris. Sa profession de foi aux électeurs du quatrième arrondissement rappelle dans quel esprit il accepterait de les représenter à la Chambre.

Cette profession de foi de 1846, modérée dans la forme, contient déjà toute sa ligne politique ultérieure : Les institutions font l'éducation d'un peuple; celles de la monarchie de 1830 faussaient la conscience publique et corrompaient jusqu'à l'avenir.

Il était plus que temps de rappeler au pouvoir son origine, ces trois journées de Juillet, suivies de seize années de réaction, de calculs personnels et cupides, d'une corruption ouvertement avouée, et de tant de lois de violence, de traités complaisants pour l'étranger, injurieux au pays.

Ce ministère qui, dans le vote Pritchard, a soldé notre honte à l'Angleterre, rendit au moins ce service de réveiller les plus indifférents et d'ouvrir les yeux aux plus aveugles. On avait le sentiment que ce gouvernement avait fait descendre la France au rang de seconde puissance; il mettait son habileté à la rabaisser pour la dominer; il amoncelait les difficultés et les périls dans un avenir prochain *.

EdgarQuinet demandait une représentation large et

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