‹ Edgar Quinet avant l'exilChapitre 135 sur 150 · La France et la Sainte- Alliance en Portugal · texte numérisé non relu

La France et la Sainte- Alliance en Portugal

Sa douleur lui inspira un des actes les plus mémorables de sa vie; il se dit que le deuil d'un fils est aussi lin sacerdoce, qu'en l'absence du prêtre, le fils devient prêtre par la consécration de la douleur. Deux fois dans sa vie Edgar Quinet, par des circonstances imprévues, remplaça le prêtre absent*.

II faut citer ce discours prononcé, le 7 février, dans le petit cimetière de Charolles, devant le peuple qui fit cor-^ tège à ce premier enterrement civil :

Il est encore une grâce que je dois demander pour ma mère à Celui qui peut tout; c'est d'accorder à son fils la force nécessaire pour prononcer une dernière, une suprême parole.

Privée pendant sa vie des consolations du culte réformé qui fut le sien, elle a toujours redouté que les pieuses paroles (le paix lui manquassent à ce moment, dans le séjour do rimmuable paix. Cette inquiétude était profonde chez elle. Le Dieu de vérité et de bonté qu'elle sentait partout présent, dtins le protestantisme comme dans le catholicisme, ne veut pas que, seule, elle soit abandonnée ici au silence et aux détresses du sépulcre. Le deuil d'un fils, d'une fille, est aussi un sacerdoce. L'Église se retrouve avec sa force et sa puissance entière dans la bouche de quiconque parle ou crie avec un cœur brisé. En l'absenee du prêtre, le fils devient prêtre par la consécration de la douleur.

Pour satisfaire à la soif de prières qui dévorait en secret celle que nous venons d'apporter ici, je lirai dans le livre qui est le fondement de sa foi, le psaume CIIl, le chapitre xx «le l'évangile selon saint Jean, le chapitre xv de l'épître de saint Paul aux Corinthiens. Cette liturgie de l'immortalité clirétienne, pour passer par des lèvres tremblantes, ne sera pas, je le sens, moins entendue du haut du trône éternel.

(> fut un des tourments de ce grand cœur de ne pas trou-

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