Voy. Préface de V Enseignement du Peuple
2. Ibid, Voy. aussi la République, Conditions de la Régénération de la France, 1872.
.i38 EDGAR QUINET.
Voici ce que Michel (de Bourges)écrivailàEdgar Quirief, à Tapparition de V Enseignement du Peuple. Le fougueux tribun se promettait de soutenir cette même cause à la tribune ; mais les termes violents de cette lettre sont loin d'exprimer les idées d'Edgar Quinet, en 1850:
Paris, 20 juin 1850.
Dans ce siècle d'hypocrisie, d'affaissement et de lâcheté, vous poursuivez votre idée avec un courage, une perse véranct^ et une sincérité qui attestent une profonde conviction. Tout ce que vous avez de savoir, d'éloquence, de patriotisme, et vous avez immensément de ces trois grandes choses, vous l'avez consacré à nous faire toucher du doigt que le véritable ennemi du progrès, de la liberté, de l'émancipation des hommes, est le catholicisme.
Tout le monde le sait; mais, vous excepté, nul n'ose le dire. Tout le monde en est convaincu ; mais, vous excepté, nul n'ose marcher droit au monstre et le frapper dans les naseaux. Honneur donc et gloire à vous ! Poursuivez, continuez votre guerre. Elle est grande, elle est digne, et vous verrez si, au grand jour, lorsque le pouvoir sera remis par le peuple en des mains dignes et puissantes, votre ennemi, qui est le nôtre, sera ménagé. Pour moi, je dirai comme Siméon : Nunc dimittis, si je puis m'endormir du long sommeil au bruit des temples catholiques s'écroulant sous h^s coups du marteau populaire. Elle fut grande, la gloire d'Aniphion ; mais, après tout, Thcbes n'était qu'une misérable bourgade de la Grèce. Votre gloire à vous sera immense; car, sur les ruines fumantes du catholicisme, se lèvera, jeune, vigoureux, fécondant, le Théisme, seule religion désormais possible, désormais avouable par la vraie politique, par la vraie philosophie, par la vraie science, qui ne sont que des chapitres divers du grand livre de la Ueligion.
MICHEL (de BOUKGES.)