‹ Edgar Quinet avant l'exilChapitre 4 sur 150 · INTRODUCTION, IX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION, IX

» Oui, rimagination, la poésie, voilà le bonheur. Le reste, c'est le devoir. Les travaux d'histoire, tout ce qui exige l'érudition, les recherches, ce sont les joies du devoir, mais ce n'est pas le bonheur. Je ne l'ai goûté que lorsque je me plongeais dans des choses d'invention dont le but n'était pas circonscrit^ précis. Défendre la vérité, répandre ce que l'on croit la vérité, c'est une grande satisfaction ; mais faire la vérité par la poésie qui est une découverte, voilà ce qui donne le sentiment du bonheur.

»Oui, la nature m'avait créé pour les chosesd'imagination. C'est par elles que j'ai éprouvé mes plus grandes joies. Le reste, c'est le devoir, V Impératif catégorique.

» L'histoire surtout, écrite avec conscience, quel esclavage! Je me suis toujours fait une loi d'écrire l'histoire avec exactitude, avec une précision rigoureuse.

» Merlin, ProméthéBy Ahasvérus^ les Esclaves^ V Histoire de mes IdéeSy voilà ce que j'ai écrit avec le plus déplaisir*. »

Il me disait encore :

« Je suis un esprit de liberté qui cherche perpétuellement à se dilater. Voilà pourquoi je ne me renferme jamais dans un seul genre d'ouvrage. J'en sors pour faire immédiatement un ouvrage d'une

Page 1