‹ Edgar Quinet avant l'exilChapitre 42 sur 150 · Mémorial d" Exil finéàii · texte numérisé non relu

Mémorial d" Exil finéàii

'^'vj!

L'illustre historien de Sismoudi lui répondit aussi avec cette aménité, cette bienveillance qu'Edgar Quinet lui-même, dans la suite, témoigna aux jeunes écrivains :

Genève, 30 mars 1828.

Monsieur,

Je viens de recevoir le beau présent que vous avez eu la bonté de m'envoyer, et la lettre infiniment flatteuse qui Taccompagne. Peu de semaines avant, j'avais reçu un opuscule de vous, Y Étude sur le caractère et les écrits de Herder; mais alors une maladie de ma femme me tenait dans un état de trouble et d'anxiété qui ne me laissait pas même assez de présence d'esprit pour vous remercier. Je vous devrai beaucoup, Monsieur, j'en suis sûr en m'apprenant à connaître Herder; car, quoique je sache un peu l'allemand, que j'aie lu les quelques poésies de Herder, je ne me sens pas la force de le suivre quand j'ai à lutter en même temps contre les difficultés de la langue et celles de la philosophie, qui peut-être sont encore pour moi les plus grandes. Sous ce rapport je suis bien peu digne de l'amitié de M. Cousin, dont je m'honore comme vous, Monsieur. Permettez-moi d'espérer que nous pourrons eu causer un jour ensemble et que la phrase qui termine votre lettre n'indique pas seulement un désir vague, mais un projet de visiter une fois mon pays. Je serai bien heureux de vous y voir el de vous témoigner le vif intérêt, l'estime et la reconnaissance avec lesquels je suis, Monsieur, etc.

Page 1